OBSERVATION II
(P. LomBaARD, d'Alger — Mém. Ac. de Chir., 8 déc. 1937, p. 1364)
Boud.. Mohamed, huit ans, heurté par une voiture automobile le 6 juin 1937, dans la matinée, arrive à l'hôpital à 12 h. 50 dans un état de somnolence bien caractérisée; on peut cependant lui arracher quelques réponses.
Le cuir chevelu est intact, mais il y a une otorragie droite extrêmement abondante, qui va persister plusieurs heures; température à 37°, pouls à 112. La nuit est mauvaise avec beaucoup d’agitation.
Le 7 juin on découvre que le liquide céphalo-rachidien très clair s'écoule par l'oreille droite sans arrêt. Température à 38°5. Le malade, somnolent, répond toujours à quelques questions; on se rend compte ainsi qu'il présente une amnésie totale, couvrant toute la période qui a immédiatement précédé et suivi l’accident.
EL Arr
On note un très léger degré de paralysie faciale droite, traduite seulement par l’hypotonie des muscles périorbitaires : l’occlusion des paupières se fait avec un peu moins de vigueur que du côté opposé.
Il n'y aucun symptôme de paralysie au niveau des membres; cependant le membre inférieur gauche paraît retomber un peu plus lourdement que le droit et la réflectivité à son niveau est plus vive; pas de Babinski.
L'exploration du crâne est absolument négative.
Il n’y à pas de phénomènes méningés.
La radiographie du crâne est absolument négative. Le traitement a consisté en une série d’injections de propidon, alternant avec des injections intraveineuses d’endocarbone.
8 juin : la température monte brusquement pour atteindre le voisinage de 40° dans la journée; la réaction méningée est des plus nettes; la ponction lombaire ramène un liquide à caractère seulement hémorragique.
9 juin : température avoisinant 41°, raideur de la nuque au maximum, signes de Kernig, Brudzinski, l’enfant est dans un état semi-comateux. Nouvelle ponction lombaire : le liquide est trouble. L'examen cytologique montre la présence de très nombreux leucocytes polynucléaires, mais ne découvre pas de germes à l'examen direct et les cultures resteront négatives.
10 juin : il y a une amélioration nette : la température descend au-dessous de 40°, l’enfant est moins somnolent, plus lucide; l’obnubilation certes est toujours considérable, mais l’œil est plus vif; on peut tirer le blessé de sa lorpeur et constater qu’il n’y a toujours aucun phénomène paralytique au niveau des membres : force musculaire égale au niveau des deux mains, les mem-
bres inférieurs peuvent être soulevés au-dessus du plan du lit.
Les signes de réaction méningée sont toujours extrémement accusés. Le pouls, très bien frappé, dépasse 130,
Depuis hier l’écoulement du liquide céphalo-rachidien est interrompu.
Le 11, la température oscille entre 39° et 40°, mais l'amélioration s’accentue et, si les signes méningés sont inchangés, la torpeur est moins marquée.
À partir du 12 la température va baisser pour atteindre 37°5 le 14.
L'enfant est complètement éveillé, trés lucide, s’alimente bien et répond très clairement aux questions.
Le traitement à été le suivant :
Le 7 juin 1/2 propidon.
Le 9 juin, devant l’aggravation des accidents, et malgré que le propidon ait été renouvelé dans la matinée, on décide d’avoir recours au rubiazol.
Rubiazol buccal, rubiazol intraveineux : 19 ce,
A partir du 10, injection journaliére de 20 cc. de rubiazol intraveineux; le traitement est continué jusqu’au 16, l’enfant ayant reçu en tout 120 cc. de rubiazol.
19 juin : l’enfant, qui parait absolument rétabli, est emmené par les parents, qui promettent de le ramener régulièrement. Perdu de vue depuis...