Méthodes non chirurgicales
Malgré les succès, bien qu’assez rares, que certains enregistrèrent dans les différents essais de traitement chirurgical, nombre d’autres préférèrent s’en tenir à des méthodes non-interventionnistes, d’autant plus qu’elles leur donnaient autant de succès thérapeutiques.
On fit d’abord des ponctions lombaires en série (Kummel, Netter, Tedesco) comme méthode de drainage ; leur succès ne fut pas plus grand que dans les drainages lombaires par laminectomie, elles eurent l'avantage de supprimer Pacte opératoire et ses dangers propres.
Devant son insuffisance, on lui associa l’injection d'antiseptiques soit par voie intraveineuse, soit par voie intrarachidienne même. Les substances injectées furent très variées et au gré du chirurgien ; cependant Maloen rapportait un cas de guérison de méningite à streptocoque par deux injections de Septüicémine. Kauffmann alla plus loin, par un procédé compliqué, il lavait véritablement le canal rachidien
avec une solution de quinine basique à 0,25/100.
Quoi qu’il en soit, ces techniques s’avérèrent souvent inefficaces et leur pratique fut peu à peu abandonnée en faveur de la sérothérapie. Nous avons vu ce qu’il fallait en penser comme traitement prophylactique, mais ici nous l’envisagerons comme traitement curatif : Elle a représenté jusqu’à ces dernières années, la thérapeutique la plus active des complications méningées et encéphalitiques dans les traumatismes craniens. Déjà en 1932, J. Jacobovici et E. Muresanu, au sujet de 236 cas personnels de fractures du crâne, pasaient en revue les différentes thérapeutiques qu’ils avaient employées et leurs succès et échecs, ils concluaient en disant : « Quand des phénomènes d’infection méningée surviennent, les ponctions lombaires accompagnées d’injections intrarachidiennes de sérum spécifique et d’injections massives de sérum par les autres voies constituent une méthode qui nous a donné de bons résultats. »
En 1933, A. Basset, A. Ameline et J. Mialaret publiaient l’observation que nous avons rapportée (observation VII).
Par l'injection de sérum spécifique ils ont obtenu la guérison totale d’une méningite à streptocoque confirmée. Quelle est la voie d’administration la plus efficace ? Pour L. Bazy, discutant la publication précédente, la voie intrarachidienne a une action plus immédiate, mais il faut lui associer la voie intraveineuse et intramusculaire pour retarder la résorption du sérum intrarachidien et par suite lui per-
mettre une action plus continue,
ES
La sérothérapie, tant prophylactique que curatrice, a bien modifié dans un sens favorable l’évolution et le pronostic des complications méningées. Cependant nous savons que cet effet s’est aussi fait sentir dans tous les domaines infectieux de l’organisme, effet favorable, qui était malheureusement encore insuffisant ; mais depuis ces dernières années, nous avons vu apparaître les sulfamides ; ils ont eu et ont encore des succès beaucoup plus grands que la sérothérapie ; associés à celle-ci, ou agissant seuls, ils ont tellement modifié le pronostic de nombre d’affections, déjà bien améliorées par le sérum spécifique qu’on en est venu tout naturellement à les utiliser dans les méningites septiques. Comme pour la prophylaxie, notre expérience est encore bien jeune, mais nous croyons pouvoir affirmer que grâce à eux nous pourrons encore diminuer la gravité de ces complications.
Nous avons cité plusieurs observations qui confirment notre point de vue : dans la IT° le Dagénan a guéri une méningite, aseptique il est vrai ; mais dans la VIIF le Rubiazol a permis d’agir sur deux éléments pathogènes : le premier, le pneumobacille de Friedlander qui, de par sa fragilité, a bientôt disparu du liquide céphalo-rachidien, le deuxième du streptocoque qui a rapidement perdu son activité puisque le repiquage des cultures devenait négatif. Comme le disaient P. Lombard et Mme $S. Mondzain-Lemaire, non seulement le sulfamide a agi comme thérapeutique, mais « il a ainsi disocié les éléments de linfection, révélant du même coup son caractère mixte » ; enfin, dans la IX° obsearvation, le malade
RSS.
a guéri par un traitement au Dagénan, bien qu’il ait fait une infection grave puisque, quelques jours plus tard, il présentait les signes d’une phlébite.
Quel sulfamide employer ? nous laissons à chaque praticien le choix d’une thérapeutique dont il a l’expérience, que ce soit le carboxysulfamido-chrysoïdine ou Rubiazol, ou un paraminophénylsulfamide dont les dérivés portent le nom de Septazine, Dagénan, Albucid.. La dose à employer nous paraît devoir être la même prophylactiquement que curativement. En effet, il faut éviter l’accoutumance et par suite la résistance de lorganisme aux sulfamides. Pour cela on devra en donner 4 gr. les deux premiers jours, 3 gr. les troisième et quatrième, 2 gr. les cinquième et sixième pour terminer par { gr. les septième et huitième jours. Cette posologie n’a rien d’absolu et . nous laissons à chacun le choix de son expérience, cependant elle représente la quantité habituelle que lon donne aux malades dans toute infection, que ce soit en comprimés de 0 gr. 50 ou en injection d’am-
poules de 3 gr. de sulfamide soluble.
Nous concluerons en disant :
—— La prophylaxie précoce par sérothérapie associée à un traitement préventif par les sulfamides, est susceptible de diminuer le nombre de méningites post-traumatiques.
— Il est permis d’espérer que le nombre des méningites aseptiques s’élévera aux dépens des formes septiques et que pour celles-ci les sulfamides permet-
tront une guérison rapide.
— Gi —
- En ce qui concerne les méningites septiques, les formes tardives tout au moins bénéficieront du traitement mixte : sérothérapie, sulfamide ; aux for. Res PRES, RON eSSayerONs d'appliquer le même traitement ; &k hélas, il échoue, en dernier ressort RON tenterons un traitement chirurgical soit suivant ke proctde de Dembnin, soit par drainage occipital à 18 façon de Dandy. Nous dirons encore une fois, pour ces dernières, que les échecs de toute thérapeutique jusqu'à ce jour autorisent toute intervention pour Sauver le malade, maïs nous osons espérer que là prophylaxie que nous préconisons nous les rendra
exveptionnelles