‹ Les complications méningées (hémorragies exceptées) dans les traumatismes fermés du crâneChapitre 8 sur 37 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

La méningo-er céphalite traumatique peut survenir soit {rès précocement : immédiatement et dans les trois Jours qui suivent le traumatisme, soit plus tardivement : à partir du quatrième jour jusqu’à deux mois.

La distinction, que nous faisons, de ces méningites précoces et tardives, ne modifie en rien leur tableau clinique; seul leur pronostic est changé, comme nous le verrons plus loin.

Le blessé, encore sous le coup de sa commotion, se met à présenter un myosis évident d’un ou des deux yeux, en même temps que de la photophobie et que sa température s'élève;

— ou bien, il est sorti de sa commotion, et sans que rien ne laisse prévoir une évolution infectieuse :

la lempéralure se mel à monter, une céphalalgie intense Yobsède, il est somnolent et hébété.

L'évolution peut alors revêtir schématiquement deux formes (Duplay) :

a) une forme avec excitation où :

le malade s’agite,

il a des nausées, des vertiges,

il vomit,

sa céphalalgie est intense,

son excitation est extrême, parfois même il peut

présenter une véritable folie délirante.

Se

Suivant la localisation anatomique de la méningite, on peut alors observer : des convulsions, des contractures ou des paralysies, voire même des paralysies des nerfs craniens dans les localisations basilaires (Auvray).

b) Mais rapidement s’installe la forme avec dépression que l’on peut voir d'emblée :

des paralysies limitées, des paralysies des sphineters, des hémiplégies s'installent.

Peu à peu le malade devient comateux, la respiration est stertoreuse et il meurt dans le collapsus ‘ardiaque.

La méningo-encéphalite ne revêt pas toujours cette allure clinique, et souvent il y a alternance entre des

périodes d’excitation et de dépression.

A l'examen de ce malade, en dehors des signes de localisation possibles, on trouve :

— une raideur de la nuque prononcée,

— un signe de Kærnig positif, c’est-à-dire l'impossibilité pour le blessé de s'asseoir sur son lit si on lui maintient les jambes et les cuisses en extension.

— enfin surtout la ponction lombaire ramène, souvent sous pression, un liquide purulent ou puriforme dans lequel certains examens doivent être pratiqués :

Au point de vue bactériologique on fera à l’examen direct où à la culture, la recherche des mierobes qui se trouvent être souvent des staphylocoques ou des streptocoques ; au point de vue cytologique, on Constatera la présence de leucocytes polynucléai-

TL

res plus où moins dégénérés, enfin au point de vue chimique de l’hypoglycorachie et une hyperalbuminose.

Cette ponction lombaire capitale, dont toute l’imporlance était déjà signalée par Meslier dans sa thèse, soulève un problème qui n’est pas encore résolu :

Si l’on s’en tient aux traités anciens (Le Dentu, Delbet) la présence seule de polynucléaires suffisait à diagnostiquer la complication méningée ; mais depuis, la notion de la septicité des séreuses a bien changé, et l’on a décrit des méningites puriformes aseptiques où lon ne constatait que la seule présence de polynucléaires à peine altérés, sans grosses modifications chimiques du liquide céphalorachidien, et des méningites purulentes septiques avec présence de microbes, soit à l’examen direct, soit à la culture accompagnée de modifications chimiques (hypoglycorachie, hyperalbuminose) en même temps que la présence de leucocytes fortement modifiés.

Cette différenciation entre les méningites traumatiques aseptiques et septiques pose un problème en dehors de notre travail et que nous n’avons pas la prétention de résoudre ; nous ne le signalons que parce que certains (P. Lombard) ont voulu voir dans la forme aseptique une lutte efficace de l’organisme, secondé par une thérapeutique active, ayant modifié l'allure tant pronostique que séméiologique d’une méningite septique; nous le signalons aussi parce que, comme nous l’avons dit plus haut, la faible exi-

MICHALLON

gence de certains dans l'examen de la ponction lombaire où la seule présence de polynucléaires suffisait pour établir un diagnostic de méningo-encéphalite grave, explique probablement certains succès thérapeutiques que, malheureusement, on a rarement rencontrés dans les méningites septiques confirmées.

Voici; à peu près, la description des différents symptômes telle que nous la trouvons faite dans les traités classiques ; de tous ceux-ci, bien peu sont pathognomoniques de laffection qu’ils décrivent ;

la céphalalgie si intense, l’hyperthermie sur laquelle ils insistent, sont des signes trop fréquents dans les complications quelconques des traumatismes craniens, pour qu’on puisse leur donner une valeur réelle. La dépression, l'excitation sont encore deux allures cliniques, sans caractères propres, de tout traumatisé cranien.

Par contre, la raideur de la nuque, le signe de Kcœærnig positif, une ponction lombaire ramenant un liquide louche où purulent dans lequel on trouve :

des microbes à l'examen direct ou à la culture,

de l’hypoglycorachie, de l’hyperalbuminose,

et surtout des polynucléaires altérés représentent des symptômes capitaux qui signent l'infection méningée. C’est donc, lorsque le blessé présente une hyperthermie anormale, à ces trois signes d'examen que nous nous tiendrons pour établir le diagnostic des complications méningées des fractures du crâne. |

En résumé, le problème clinique se pose de la façon suivante :

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