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LES MÉNINGITES

Nous ne retiendrons, pour cette étude, que les méningites où la rougeole joue un rôle étiologique certain, c’est-à-dire que nous éliminerons celles survenues au cours d’une rougeole, mais secondaires elles-mêmes à une autre complication.

Nous ne parlerons pas de la méningite cérébrospinale secondaire à la rougeole, dont on a publié plusieurs observations. Nous laisserons de côté également les méningites d'origine otogènes. L’infection de l’oreille, facile à diagnostiquer chez l’adulte, risque de passer inaperçue chez le nourrisson ou le jeune enfant. Il faudra donc être prudent à cet égard. Cependant, ces constatations n’autorisent pas à rattacher toutes les méningites morbilleuses à une otite avérée ou méconnue comme on a voulu le faire (RENAUD).

Les complications pulmonaires (pneumonie, broncho-pneumonies) peuvent également avoir un retentissement méningé. Lorsque les examens du liquide céphalo-rachidien permettront de retrouver les germes, causes de l’infection pulmonaire, on rapportera facilement les méningites à ces complications. Dans d’autres cas, se posera la question du rapport étiologique ou de la simple coexistence de la méningite et de la broncho-pneumonie.

Nous ne parlerons pas non plus des méningites tuberculeuses secondaires à la rougeole. Si pour beaucoup d'auteurs (en particulier NoBÉCOURT) le

« rôle anergisant » de la rougeole en constitue un facteur étiologique incontestable, bien des pédiâtres croient à la simple coexistence des deux affections plus fréquentes dans l'enfance. En tout cas, la présence de bacilles de Kock dans le liquide céphalorachidien (où GUILLAIN le retrouve dans 95 % des cas) et l’évolution ultérieure se chargeront de distinguer les méningites tuberculeuses des méningites lymphocytaires bénignes.

La méningite morbilleuse proprement dite existeelle donc? [1 semble bien que oui; mais les observations en sont très rares. GUY-LAROCHE, qui en a publié une observation incontestable en 1923, dit qu’à ce moment il en connait deux autres seulement dans la littérature française. ?

Nous en avons relevé plusieurs parues depuis cette date, l’une étant due à notre maître, M. le professeur DE LAVERGNE.

OBSERVATION XIX (MM. Guv-LarOCHE et Quroc)

Enfant de 11 ans, rougeole normale ; température qui tombe à 37°6 le matin du quatrième jour. Brusquement ascension à 40°.

Prostation, raideur vertébrale. Pas de signes pulmonaires. Aucun signe otitique.

Le lendemain, état grave, somnolence, subcoma, raideur de la nuque, signe de Kernig, inégalité pupillaire; rétention d’urines.

Puis la température tombe la première; l'enfant sort du coma en deux jours. Six jours après le début, il ne persiste

qu'un peu de raideur de la nuque et de la retention urinaire. Amélioration continue ; convalescence longue.

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