B) ASPECT MICROSCOPIQUE
L'aspect microscopique se caractérise essentiellement par trois ordres de lésions: a) congestion intense et diffuse des vaisseaux avec hémorragies capillaires périvasculaires. L'étude microscopique permet de confirmer la répartition topographique de ces lésions hémorragiques, leur prédilection pour la substance blanche. De plus, autre caractère distinctif d’avec l’encéphalite épidémique, elles ne coïncident pas avec les infiltrations périvasculaires.
b) Périvascularite sous forme de véritables nodules infectieux, formés surtout de grands mononucléaires et de polynucléaires neutrophiles. D’autres fois, les lymphocytes et les plasmocytes sont également très abondants.
c) Zones de démyélinisation périvasculaires, associées à des modifications dégénératives des cellules ganglionnaires, avec formation de cellules à inclusions graisseuses et de cellules D'HORTEGA dans la glia. Les cellules ganglionnaires modifiées sont presque toujours agrandies, dépourvues de prolongements
et presque toujours de noyaux. Il s’agit donc sans doute de processus dégénératifs nucléaires.
Ces trois caractères différencient d’une part très nettement l’encéphalo-myélite morbilleuse de l’encéphalite épidémique, et d'autre part établissent une analogie nette avec les autres encéphalites post-éruptives, notamment avec l’encéphalite post-vaccinale. Certains auteurs ont fait ressortir aussi quelques analogies avec l'anatomie pathologique de la sclérose en plaques.
FERRARO et SCHEFFER ont décrit des cas d’encéphalite morbilleuse, dans lesquels il n’y avait pas de lésions inflammatoires; mais un processus diffus d’envahissement, avec lésions dégénératives graves des cellules du cortex et de la substance blanche, mais marquées surtout au niveau de celle-ci. Les auteurs admettent qu'il s'agirait là d’un processus toxique comparable à ce qu’ils ont observé dans l’intoxication saturnine.
Suivant le potentiel évolutif de l’affection, les constatations microscopiques sont quelque peu différentes ; dans les cas suraigus, les lésions hémorragiques diffuses sont plus importantes que les infiltrations périvasculaires et les lésions dégénératives du système nerveux. Au contraire, quand l’évolution fatale a été moins rapide, les nodules infectieux et zones de dégénérescence parenchymateuses l’emportent sur les hémorragies périvasculaires.
Nous allons reproduire maintenant l’observation suivie de l’étude histologique détaillée, de MM. L.
BaonNEIX, J. LHERMITE et O. TRELLES, présentée à la Société de Neurologie le 12 avril 1934: