LU F
we
Définition des Compressions extrinsèques
Avant d'aborder l’étude des compressions extrinsèques du tube digestif, il nous semble nécessaire de définir la valeur que nous entendons donner à ce terme générique et aux différentes expressions qui en représentent les modalités.
Nous éliminerons d'emblée les déformations consécutives à tout processus adhérentiel pour ne décrire que les modifications de contour, de topogra- : phie, de perméabilité, compatibles avec une indépendance réelle des surfaces en contact.
Quelle que soit l’exagération apportée dans les rapports réciproques par l’hypertrophie de l’un des organes, ou le degré de déformation qu'a pu entrainer le développement d’un élément anormal (une tumeur par exemple), nous admettrons que le terme « compression extrinsèque » s'applique seulement aux cas dans lesquels, l'organe compresseur étant momentanément écarté, le segment comprimé est susceptible de reprendre immédiatement son as-
ASE E og
pect, sa situation, son volume habituels et de retrouver une perméabilité normale.
En restant dans le cadre de cette définition, nous allons essayer de classer aussi simplement que possible les termes employés dans cette étude et de leur aitribuer respectivement une valeur.
Les compressions extrinsèques peuvent se présenter sous des aspects différents. À chacun de ces aspects revient une désignation particulière, désignation qui relève du mode de production, placé luimême sous la dépendance de trois facteurs
1° La mobilité du segment considéré ou sa fixité (réelle ou relative).
>° La présence à proximité ‘ou l’absence de plans résistants.
3° La direction suivant laquelle s'applique la force compressive.
Supposons qu’un organe normalement en contact avec un segment du tube digestif devienne le siège d'une augmentation de volume déterminée. Comment le segment considéré va-t-il s’accommoder de cette modification ?
Si ses moyens de fixité Sont peu étendus et peuvent être facilement forcés, s’il est de petit calibre et
à parois relativement épaisses, il va fuir en, masse sous la pression.
Ses contours, son volume, sa perméabilité n’en seront pas sensiblement modifiés.
Seule sa topographie habituelle va subir un chansement notable.
C'est à la déviation, dont le type est fourni par les altérations de la topographie œsophagienne lorsque la portion inférieure de l’œsophage se trouve refoulée, par exemple, dans la pleurésie médiastinale.
S'il s’agit d’un segment moins facilement mobili-
sable, ou si son volume lui permet de s’accommoder.
à la pression sans que sa perméabilité en soit très - affectée il se contentera, sans beaucoup modifier sa topographie, de modeler sa paroi sur le contour de l'organe compresseur qui marquera sur lui son empreinte.
Telle l'empreinte d’une rate augmentée de volume sur l’angle splénique du côlon.
Si enfin nous sommes en présence d’un segment fortement fixé et surtout s’il présente des rapports étendus avec une paroi résistante, nous assisterons à la constitution d’une compression proprement dite, compression dont le degré sera directement en rap-
u ES C
port avec le volume de l'organe compresseur s il est . . + ; ie ?
compact, avec la tension de ses parois s'il s'agit d'un
VisSCère Creux.
Nous en avons des exemples dans les compressions cæcales par les tumeurs de la fosse iliaque droite ; ou dans celles du bulbe duodénal par la vé-
sicule biliaire.
La plus ou moins grande mobilité des segmenis digestifs joue donc dans leurs modalités de compression un rôle prépondérant.
C'est pourquoi nous nous permettrons d’insister dans nos différents rappels anatomiques sur leurs moyens respectifs de fixité.
Est-ce à dire qu’un segment très mobile ne saurait être comprimé?
Tel est, en effet, le cas de la masse grêle, sa mobi- Hé pratiquement considérable (sauf au niveau de ses extrémités) lui permettant de se dérober facilement.
Mais les facultés de déplacement des autres portions du tube digestif, leurs aptitudes à fuir le traumatisme ne sauraient être comparées à celles du grêle. Il en est même parmi elles qui, facilement re- foulées dans certaines directions, seront dans d’au-