Les comptes des bâtiments du roi (1528-1571) suivis de documents inédits sur les châteaux royaux et les beaux-arts au XVIe siècle
Le livre qui paraît aujourd’hui est imprimé depuis une vingtaine d’années. Un des érudits qui ont le plus fait pour l’histoire de l'art en France, M. le marquis Léon de Laborde, avait, dès 1856, préparé et mis en train cette publication; il en conduisit même l’impression, dans le cours des années suivantes, jusqu’aux dernières pages du second volume. 11 ne restait plus que quelques feuilles à composer et l’Introduction à écrire. Quelle cause vint suspendre durant de si longues années un travail qui touchait à son achèvement? Devant le silence de l’éminent auteur de la Renaissance des arts à la cour cle France, il serait bien difficile de préciser les motifs qui dictèrent sa conduite. 11 est toutefois permis de supposer que les nouvelles et importantes fonctions auxquelles il fut appelé dans le courant de l’année 1857, je veux dire la direction des Archives générales de France, absorbèrent tous ses instants et ne lui laissèrent pas le loisir de mettre la dernière main à un ouvrage fort avancé sans doute, mais dont la partie la plus délicate, l’Introduction, restait à rédiger.
AVERTISSEMENT
Cette Introduction n’eût pas manqué d’offrir le plus haut intérêt; malheureusement, si M. de Laborde avait marqué dans certaines annotations du second volume l’intention formelle de l’écrire, il n’a laissé aucun renseignement sur cette partie de l’ouvrage. Il eût été téméraire de notre part d’essayer de suppléer à cette lacune; il nous a semblé plus prudent, et surtout plus respectueux pour la mémoire de celui qui avait préparé ce livre, de laisser vide la place qu’il s’était réservée pour résumer et commenter les documents qu’il mettait au jour.
Il nous sera permis cependant de donner quelques détails sur l’origine de ces deux volumes, sur les manuscrits qui en ont fourni la matière, et sur les circonstances qui ont permis à la Société de l’Histoire de l’Art français de les terminer et de les présenter au public.
Bien peu de personnes savaient, quand M. le marquis de Laborde vint à mourir, qu’il laissât inachevés, bien que commencés depuis longtemps et presque terminés, deux volumes de documents sur la Renaissance française. Cette nouvelle fut annoncée pour la première fois dans le catalogue de la belle bibliothèque de M. Léon de Laborde. Une liste de ses ouvrages, placée en tête de la seconde partie de ce catalogue, liste que nous reproduisons, en la complétant, à la Un de cet Avertissement, se terminait par la mention suivante : « Extraits des comptes des bâtiments du Roi, ï volumes in-8°, ouvrage inachevé. » Cette note no, passa pas inaperçue. Nous eûmes depuis cette époque la préoccupation
AVERTISSEMENT
vu
constante de procurer à la Société de l’Histoire de l’Art français l’honneur de terminer et de mettre au nombre de ses publications l’ouvrage posthume annoncé dans cette liste bibliographique.
Si diverses circonstances ont retardé la réalisation de ce projet, nous devons reconnaître que la complaisance de la famille de M. de Laborde a aplani toutes les difficultés. Grâce surtout au concours amical et dévoué de notre confrère M. le marquis Joseph de Laborde, la Société a pu devenir propriétaire de tous les exemplaires de l’ouvrage inachevé ; toutes les notes, tous les documents, tous les papiers nécessaires pour le compléter et le rendre aussi conforme que possible aux intentions de l’auteur ont été mis à notre disposition. C’est un devoir pour nous d’en témoigner hautement notre reconnaissance à ceux qui ont assuré cette bonne fortune et cet honneur à notre Société.
Notre premier soin a été d’étudier le plan du livre, et de rechercher les manuscrits qui avaient fourni la matière de ces deux volumes. Nous avions à cœur, en effet, de respecter la dernière œuvre préparée par le savant éditeur, de la présenter au public sans aucune altération. Il a bien fallu cependant supprimer certaines pièces destinées à entrer dans le second volume et qui, depuis le jour où M. de Laborde les avait découvertes et copiées de sa main, avaient été publiées par d’autres érudits. On verra comment nous avons essayé de remplir ce vide.
I. — Le premier volume tout entier, et la moitié du second jusqu’à la page 198, sont consacrés à la reproduction intégrale d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale, renfermant les Comptes des bâtiments royaux depuis 1528 jusqu’en 1570. Nous reviendrons tout à l’heure sur ce précieux registre. C’est d’ailleurs le document capital de la
VIII avertissement.
publication. Ceux qui le suivent n’en forment pour ainsi dire que le complément et le corollaire; ils sont loin toutefois de manquer d’intérêt.
Le second volume se termine par des pièces de diverse nature, empruntées à des sources différentes.
A la page 199 du second volume commence, sous le titre général de dépenses secrètes de François 1", le dépouillement d’un certain nombre de documents originaux, conservés aux Archives nationales et remplissant les trois cartons cotés : J, 960, 961 et 962. Ces documents sont datés de 1530 et années suivantes. Nous aurons à revenir sur cette importante série.