II. Le chapitre intitulé « Compte de la marguillerie de
l’euvre et fabrique de l’eglise parroichial monseigneur sainct Germain de l’Auxerroys » (p. 275-290), a une origine des plus piquantes. Les éléments en sont tirés d’un compte sur parchemin appartenant aujourd’hui aux Archives nationales (K, 530 21, n° 21), et dont les feuilles, détachées et incomplètes, ont été sauvées delà destruction par M. le marquis de Laborde. Elles ne proviennent point, comme on est tenté de le supposer au premier abord, des gargousses de l’artillerie; elles avaient été employées à la reliure d’une série de volumes in-8. On voit encore sur chacune de ces feuilles la place qu’occupait le titre de l’ouvrage, imprimé sur une pièce carrée de cuir ou de papier : les encadrements de filets d’or qui entouraient ce titre ont laissé des traces nombreuses sur le parchemin. Les vingt feuilles de parchemin, enlevées avec soin, forment un ensemble presque complet, sauf quelques lacunes dont l’importance ne saurait être précisée. Au surplus, ces lacunes sont toujours indiquées en note dans notre publication, et ce fragment de compte se trouve ici intégralement reproduit tel qu’il nous est parvenu. Les payements ont presque tous le même objet : il s’agit de la construction
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d’un pupitre monumental dans l’église Saint- Germainl’Auxerrois. Le nom de Jean Goujon et des renseignements positifs sur une œuvre aujourd’hui conservée au musée du Louvre donnent à ce fragment un haut intérêt1.
A ce dossier, aujourd’hui intégralement publié, se trouve joint, dans le même carton des Archives, un autre dossier plus considérable, car il ne compte pas moins de 76 feuillets ayant une origine identique, contenant également des comptes de fabrique de l’église Saint-Germain-1 Auxerrois. Cette seconde série offre bien moins d’intérêt que la première et ne renferme pas un nom d’artiste. C’est probablement ce qui a décidé M. de Laborde à ne pas la comprendre dans sa publication.
XXI. — Vient ensuite le Compte des bâtiments du chasteau de Saint-Germain-en-Laye pour les années 1548 à 1550 (p.291 à 325). Ce document est tiré d’un registre original, sur parchemin, composé de 173 feuillets, ou 346 pages. Le registre appartient au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, et est classé sous le n° 4480. Nous ne nous arrêterons pas à la reliure moderne, datant de Charles X, ni à l’écriture très-nette et très-lisible. On comprend que, pour imprimer un registre de 173 feuillets in-4°en3G pagesin-80, on a dû non-seulement réduire singulièrement l’étendue des articles, non-seulement supprimer les formu les inutiles, mais encore écarter un grand nombre de passages. Les extraits choisis par M. de Laborde
I . M. de Laborde a raconté jadis les circonstances de sa découverte. Son récit, vif et piquant, a été publié dans le Journal des Débats, et réimprimé dans un recueil tiré à vingt-cinq exemplaires. Comme ni le journal ni le recueil ne se trouve entre les mains de tout le monde, nous avons cru qu’il serait agréable à nos lecteurs de lire ici l’histoire instructive de cette précieuse trouvaille. Elle est placée à la suite de l’Avertissement sous le titre de Documents sur Jean Goujon et ses travaux, trouvés sur une reliure d’une , ancienne collection du Journal des Débats. (Voyez ci-après, p. xxv.)
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reproduisent d’abord tous les articles, en assez petit nombre, ayant un inte'rêt quelconque au point de vue de l’art. Parmi les autres il a choisi ceux qui donnent un renseignement topographique ou citent le nom de personnages célèbres. La publication intégrale du registre, sans parler de sa longueur, eût ajouté bien peu de chose à l’intérêt de ces extraits. Ils font suffisamment connaître la disposition du compte et la composition des chapitres. Les érudits qui étudient spécialement le château de Saint-Germain pourront toutefois rencontrer parmi les passages qui n’ont pas trouvé place dans celte analyse sommaire quelques indications précises sur la distribution des appartements et sur leurs habitants au milieu du xvie siècle. Nous avons cru ne pouvoir mieux faire que de respecter les choix faits par M. de Laborde avec le tact sûr et le goût exercé qui recommandent tous ses travaux. Tout au plus pourrait-on regretter la suppression de quelques détails sur les peintres Jullien Poyvret et Thomas Perrelles et sur le fondeur Benoit Le Boucher qui apparaissent vers la fin du registre. Encore faut-il ajouter que, par la nature de leurs travaux, les peintres que nous venons de citer rentrent plutôt dans la classe des artisans que dans celle des artistes.
IV. — M. de Laborde a procédé pour le compte suivant, « Payement des ouvriers orfbvres logeant et besongnanl dans l’hostel de Nesle, 1549-1556 1 », de la même manière que pour le compte des bâtiments de Saint-Germain. Ce document si curieux, car il s’agit des ouvriers et élèves de Benvenuto Cellini, forme un registre in-4" de 74 feuillets, d’une grosse écriture sur parchemin, coté, aux Archives nationales, KK 285. Nous avons à regretter au sujet de cette pièce les développe-