VI AVERTISSEMENT
Cette Introduction n'eût pas manqué d'offrir le plus haut intérêt; maliieureusement, si M. de Laborde avait marqué dans certaines annotations du second volume iïntention formelle de l'écrire, il n'a laissé aucun renseignement sur cette partie de l'ouvrage. Il eût été téméraire de notre part d'essayer de suppléer à cette lacune ; il nous a semblé plus prudent, et surtout plus respectueux pour la mémoire de celui qui avait préparé ce livre, de laisser vide la place qu'il s'était réservée pour résumer et commenter les documents qu'il mettait au jour.
Il nous sera permis cependant de donner quelques détails sur l'origine de ces deux volumes, sur les manuscrits qui en ont fourni la matière, et sur les circonstances qui ont permis à la Société de l'Histoire de l'Art français de les terminer et de les présenter au public.
Bien peu de personnes savaient, quand M. le marquis de Laborde vint à mourir, qu'il laissât inachevés, bien que commencés depuis longtemps et presque terminés, deux volumes dje documents sur la Renaissance française. Cette nouvelle fut annoncée pour la première fois dans le catalogue de la belle bibliothèque de M. Léon de Laborde. Une liste de ses ouvrages, placée en tête de la seconde partie de ce catalogue, liste que nous reproduisons, en la complétant, à la fin de cet Avertissement, se terminait par la mention suivante : « Extraits des comptes des bâtiments du Roi, ii volumes in-S», ouvrage inachevé. » Celte noie ne passa pas inaperçue. Nous eûmes depuis celte époque la préoccupation
AVERTISSEMENT. vu
constante de procurer à la Société de l'Histoire de l'Art français l'honneur de terminer et de mettre au nombre de ses publications l'ouvrage posthume annoncé dans cette liste bibliographique.
Si diverses circonstances ont retardé la réalisation de ce projet, nous devons reconnaître que la complaisance de la famille de M. de Laborde a aplani toutes les difficultés. Grâce surtout au concours amical et dévoué de notre confrère M. le marquis Joseph de Laborde, la Société a pu devenir propriétaire de tous les exemplaires de l'ouvrage inachevé ; toutes les notes, tous les documents, tous les papiers nécessaires pour le compléter et le rendre aussi conforme que possible aux intentions de l'auteur ont été mis à notre disposition. C'est un devoir pour nous d'en témoigner hautement notre reconnaissance à ceux qui ont assuré cette bonne fortune et cet honneur à notre Société.
Notre premier soin a été d'étudier le plan du livre, et de rechercher les manuscrits qui avaient fourni la matière de ces deux volumes. Nous avions à cœur, en effet, de respecter la dernière œuvre préparée par le savant éditeur, de la présenter au public sans aucune altération. Il a bien fallu cependant supprimer certaines pièces destinées à entrer dans le second volume et qui, depuis le jour où M. de Laborde les avait découvertes et copiées de sa main, avaient été publiées par d'autres érudits. On verra comment nous avons essayé de remplir ce vide.
L — Le premier volume tout entier, et la moitié du second jusqu'à la page 198, sont consacrés à la reproduction intégrale d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale, renfermant les Comptes des bâtiments royaux depuis 1528 jusqu'en 1570. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce précieux registre. C'est d'ailleurs le document capital de la