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Les comtés de Rimouski, de Matane et de Témiscouata [microforme]

À L'HONORABLE H. MERCIER, Premier ministre de la province de im Monsieur ie”Premier,

J'ai l'honneur de vous exposer, dans le présent ranport, le résultat d'une expédition que je viens de faire dans l'intérieur du comté de Rimouski, pour constater l'état de cette contrée à différents points de vue, et particulièrement au point de vue de l'agriculture et de la colonisation.

Dès qu'on a quitté le Httoral du Saint-Laurent et qu'on a pénétré quelque peu dans l'intérieur ce qui frappe avant tout le regard, ce sont les manifestations géologiques du sol. On se trouve en présence d’un pays en apparence montagneux, à cause des nombreux et capricieux soulèvements du sold'un pays coupé de vallées profondes qui lui donnent l'aspect d'une ondulation en quelque sorte infinie, irrégulière, accidentée et mouvemeniée, comme celui de larges vagues s'épanchant

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sur une surface remplie à la fois de precipices et d’escarpements prolongés.

Ces montagnes qui, vues à une certaine distance, semblent passablement élevées, ne sont que des collines souvent très irrégulières, arrondies, de véritables croupes ne renfermant pas un seul rocher, mais en revanche un sol végétal, très riche en ingrédients fertiles et couvert de fort belles forêts des bois les plus recherchés. Les rivières et les cours d’eau sont nombreux. La plupart du temps on dirait qu'ils coulent au fond de véritables abîtmes, tant il leur a fallu creuser profondément la couche terrestre, pour se frayer un lit et gagner soit le fleuve, soit Les rivières plus grandes auxquelles ils apportent leurs eaux. À des indices irrécusshles, on remarque souvent que tout le sol avoisinant est formé d’une épaisse masse d’alluvion qui atteint des hauteurs plus ou moins élévées, et qui forme en grande partie les collines et les soul ements que l’on aperçoit de tous côtés.

Ajoutons que dans les nombreuses dépressions du sol, parfois même sur les flancs des montagnes, on rencontre des lacs de toutes les dimensions et en nombre tel qu’il est impossible, pour le voyageur qui veut se rendre compte des choses, de ne pas se demander comment ces profonds et tranquilles réservoirs de notre globe ont pris naïs sance et comment ils se sont alimentés jusqu’à

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