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En arrière du village proprement dit, jusqu’à fort loin dans l'intérieur, le long de la rivière, s'étend une petite vallée, qui pourrait contenir une dizaine de paroisses ; or, il n'y en a qu'une couple d’établies, parce que les cultivateurs n’ont pas un marché suffisant pour leurs produits ou pour le bois. Si les cultivateurs puuvaient être certains de réaliser des bénéfices en proportion de leur travail, ils paieraient eux-mêmes au com'ptant tous leurs achats ; le commerce local recevrait une impulsion traordinaite. l'élevage deviendrait une source de richesse, on pourrait établir des filatures et, les travaux du havre aidant, toute la population de Matane, qui est remarquablement éveillée, entendue et active, trouverait de l'occupation et des profits à réaliser toute l'année ; non seulement elle ne serait plus appauvrie et diminuée par l’'émigration, mais encore elle augmenterait considérablement et rapidement.
Encore ici, les patates ne se vendent que vingt centins le minot, quand elles se vendent cinquante et soixante centins dans le voisinage de lIntercolonial, et malgré tout, des habitants de Matane y font quelque profit. Que serait-ce donc v’ils les vendaient trois fois plus cher et s'ils étaient assurés d'en vendre truis, quatre et cinq fois plus, comme cela se fait à Sainte-Flavie et à Sainte-Luce ?
On m'a cité, pendant mon passage à Matane, un exemple entre cent autres, des richesses naturelles qui abondent dans ce pays et qui, convenablement exploitées, formeraient un total important. La contrée, en arrière de Matane, renfrrme quantité de lacs, dont le plus grand nombre fourmillent de poisson. L'été dernier trois excursionnistes s'étant rendus au lac Taouagadec, à viagtcinq ou trente milles en arrière du fleuve, en revinrent avec cent neuf douzaines de grosses truites pêchées à la ligne, dans l’espace de trois jours. Ils en remplirent nouf grands sacs et les envoyèrent vendre tout le long du chemin, jusqu’à Rimouski, soixante milles plus haut.
Cet exemple que je cite n'est sans doute pas d'une grande importance, mais il fait partie d'un ensemble dont l'importance est énorme, et il n’est pas hors de propos d'ajouter aux considérations majeures et déterminantes, DÉFINIR OR considérations secondaires, qui sont propres à rappeler au
publie combien nous avons dans notre pays, décimé qu’ilest par un fléau que les gouvernements eux-mêmes ont fait souvent de leur mieux pour propager, combien, dis-je, nous avons dans ce pays de richesses naturelles inexploitées, dédaignées ou même inconnues.
J'ai maintenant fini, monsieur le Premier, de vous énumérer en détail les raisons nombreuses et
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décisives qui militent en faveur de la construction aussi rapide que possible d’un embranchement de l’Intercolonial, entre Saint-Octave-de-Métis et Matane. Malgré les efforts réitérés de M. le docteur J. B. KR. Fiset, député du comté aux Communes, et une pétition signée par au moins la moitié des membres du Parlement, tant conservateurs que libéraux, le gouvernement fédéral a fait invariablement la sourde oreille et n'a pas jugé à propos jusqu'à présent de faire plus, en faveur de l’embranchement de Matane, que d'accuser réception, Le 28 février 1889, du mémoire présenté par le docteur Fiset et de la pétition qui accompagnait ce mémoire,
Vous seul. monsieur le Premier, reconnaissant de suite l'importance d’une pareille entreprise, à la lecture d'un exposé de faits, très sommaire, que vous a adressé le député de Rimouski, le 21 mai 1888, avez résolu de donner au projet tout l'appui possible et avez fait consentir par l’Assemblée Législative de Québec, à la Compagnie organisée pour la construction du dit embranchement, une subvention de dix mille acres de terre par mille.
Je crois savoir, monsieur le Premier, qu’un des projets patriotiques que vous nourrissez de pré dilection, est la construction d'un chemin de fer qui entourrerait la péninsule de Gaspé dans sa