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duire un effet des plus grandioses,en même temps que d'attirer une foule immense accourue de toutes les parties du pays. En attendant qu'une chapelle s'élève sur le sommet de cette montagne, on y a dressé un pavillon qui flotte glorieusement à plusieurs centaines de pieds dans l'air et que l’on aperçoit, cela va sans dire, à une distance considérable.
La rivière Madawaska, on le sait, forme la décharge du lac Témiscouata. Après avoir parcouru vingt-quatre à vingt-cinq milles environ, elle va se jeter à Edmundston, dans la rivière Saint-Jean. Ses rives sont extrêmement basses et la vallée qu'elle arrose, resserrée entre des lignes de coteaux ondulant à l'infini, offre les aspects les plus charments, en même temps qu'un sol d’une fertilité remarquable entre toutes. La vallée de la Madawaska, que le chemin de fer parcourt dans toute sa longueur, est d’un grand bout la partie la plus pittoresque de la route, à l’exception, bien entendu, de la paroisse de Notre-Dame qui, elle, est en dehors de toute comparaison.
La rivière Madavwaska n’a pour ainsi dire pas de courant, on ne lui connatt qu'un rapide, et encore celui-là ne porte-t-il que le nom de “ Petit Sault, ” au débouché même de Is rivière dans la
Saint-Jean. Néanmoïns, chose qu'on n’a pu encore s'expliquet, la Madawaska ne prend à glace que rarement, l'hiver ; il y 4 même un endroit, près de la décharge du lac,où l’on n’a jamaïs vn de glace. De à is nom de ‘“ Dégelé,” qui a été ajouté à celui de Sainte-Rose, pour servir de qualificatif à cette paroisse. S'il arrive que, par un temps très clair et un froid intense, la Madawaska prend d’une rive à l’autre, il n’est jamais sûr de s’y aventurer et de traverser de l’autre côté en voiture ; que le temps vienne à se couvtir dans le cours de la journée, déjà la couche de glace nouvellement formée craque de toutes parts et n’a plus assez de force pour porter des voitures. On s'explique juequ’à un certain point que le lac Témiscouata mette beaucoup de temps à prendre à cause de son e£trême profondeur, mais là où est le Dégelé, la profor eur d’eau est loin d’être considérable, et il s’en dégage invariablement, dans les grands froids, ane épaisse vapeur blanche qui a ioujours fort intrigué le# habitants de l'endroit : quant aux ca nards sauvages, absolument indifférents aux phénomènes de la nature, ils se tiennent en permanence au Degelé, tout l'hiver.
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En quittant la paroïsse de Sainte-Rose on traverse celle de Saint-Jacqtes et l'on arrive enfin
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à Edmundston, après une ravissante petite course de vingt et un milles le long de la rivière Madawaska.
Edmundston est une fort jolie petite ville, qui occupe une position géographique remarquablement avantageuse, au confluent de la Madawaska avec la rivière Saint-Jean. Aussi, depuis que is commerce et les relations avec le pays environnant ont commencé à y prendre de l'importance, Edmundston s'est-elle rapidement développée. Son commerce de bois est immense et augmente tous les jours. Sa population néanmoins n'est pas encore considérable, mais on peut dire . qu'elle a doublé dans les quatre ou cinq dernières années. Cette augmentation rapide est dire d'abord à sa sittiation, ensuite à la construction du chemin de fer de Témiscouata et enfin à la d£cadence de l’endroit appelé le “ Grand Sault,” trente six milles plus bas qu'Edmundston, sur la rivière Saint-Jean. Ce Grand Sault est une ch te d'environ une centaine de pieds de hauteur et même plus. Jadis, quand les innombrables billots des chantiers de bois y parvenaient, après avoir descendu la rivière, on les attachait à des atte- 1. ‘es disposés expressément pour ce getire d’opération, on les transportait par terre jnsqu'au bas de la chüte, et là, on les rejetait de nouveau à l'eau. Cette industrie exigeait l'emploi de plusieurs
centaines d'hommes et d’un nombre à peine moins grand de chevaux, ce qui faisait du Grand Sault un endroit de commerce considérable et un centre de grande activité. Mais aujourd'hui qu’il a été construit, le long de la rivière Saint-Jean, un chemin de fer reliant Edmundston avec tout le reste du Nouveau-Brunswick, le bois, scié et préparé dans les moulins d'Edmundston, est expédié directement en chemin de fer et l'industrie tonte locale du Grand Sault n’a plus par conséquent sa raison d’être.
Edmundston fait partie de la paroisse de Madawaska, qui comptait en 1881 environ neuf cents âmes et qui en a deux cents de plus aujourd’hui. Nous l'avons dit plus haut, Edmundston n'existe, en tant que ville, que depuis quelques années seulément ; on y voit tout un populeux quartier là où on ne comptait que sept à huit maisons il y a ciuq ans; sa ‘population, aux trois quarts composée de Canadiens-français presque tous adonnés à l'industrie du bois, est remarquabiement active, honnête et laborisuse. La ville est bâtie en une espèce d'ar.phithéatre irrégulier, que domine l’église catholique, la plus grande de la ville, ayant à ses pieds la belle et large rivière Saint-Jean, pareille à un fleuve, et en face d’elle les campagnes de l’état du Maine, de l’autre côté de la rivière. Du côté canadien, à droite et à gauche de la paroisse de Madawaske, s'étendent
quatre à cinq autres paroisses considérables, dont la plus importante est Saint-Basile, avec sa population de près de deux mille âmes, puis celle de Saint-Léonard, qui va jusqu’au “ Grand Sault” et, à gauche, celle de Saint-François, bornée par la rivière de ce nom” qui coule entre les comtés de Temiscouata et de Kamouraska, et va se jeter dans la rivière Saint-Jean. Ces quatre paroisses forment un front d'environ soixante et’ quinze milles, entre le Grand Sault et l'embouchure de la rivière Saint-François. On construit actuellement un chemin de fer entre Edmundston et cette rivière; ce chemin de fer aura trente-six milles de longueur et traversera un pays très bien établi et extrêmement riche en essences forestières, dont la principale est le cèdre. Les gens d’Edmundston disent même que l'on aurait bien dû construire le chemin de fer de Témiscouata, à partir de la Rivière Ouelle Jusqu'à la rivière Saint- Frauçois, dont il aurait suivi le cours, et aurait continué ensuite le long de la rivière Saint-J ean, jusqu'à Edmundston. Ils affirment que cette ligne auroit traversé une contrée bien plus colonisable et beaucoup plus facile d'accès que la ligne actuelle, outre qu'elle n'eut été guère plus longue et aurait épargné un trajet inutile de trente cinq milles de longueur, sur l'Entercolonial, entre la Rivière Ouelle et la Rivière-du-Loup. Ils déclarent que le chemin de fer de Témiscouata, à causo
de la région relativement stérile qu'il traverse, contribuera faiblement 2x progrès de la colonisation et ne paiera jamais même ses dépenses. ‘ Il a coûté, disent-ils, près d’un million, qui a été dépensé en pure perte au point de vue de la colonisation” Ce million a été fourni, partic-par le gouvernement fédéral, qui a donné six mille dollars par mille, partie par le gouvernement provincial qui a racheté, au taux de soixante et quinze centins l’acre, les terres qu'il avait d’abord données en subvention à la compagnie du chemin de fer, ce qui a produit sept mille dollars par mille, et enfin par le gouvernemeut du Nouveau-Brunswick, qui a donné pour sa part trente-six mille dollars, pour construire les douze milles qui traversent son territoire, à partir de la paroisse de Notre-Dame-du-Dégelé :
‘ La politique, qui se mêle à toutes les entreprises, disent encore les gens d'Edmundston, a seule décidé de la construction de la ligne par le comté de Témiscouata. On n’a pas tenu compte des besoins des populations, ni des conditions nécessaires au mouvement colonisateur, mais le jour n’est pas éloigné où le gouvernement proviucial ne pourra manquer d'ouvrir les yeux à l'évidence et de construire un chemin de fer qui, partant de la Rivière-Ouelle, viendra rejoindra celui que nous construisons en ce moment d'Edmundston à Saint-François.”
Cette ligne, me permettrai-je de dire en terminant le présent rapport, ne portera pas préjudice, au contraire, à celle qu'il faudra construire à tout prix, dans un avenir prochain, depuis le comté de Dorchester jusqu’au lac Témiscouata, et de ce dernier, en ligne droite, jusqu’à la Baie des Chaleurs. Ce sera là, monsieur le Premier, l’œuvre d’une administration comme la vôtre, aussi éclairée sur les intérêts et les véritables moyens de faire progresser le pays, qu’elle est empressée de faire valoir les premiers et de donner aux seconds toute la force et toute l'impulsion qui leur sont nécessaires.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier, l'assurance de mon entier dévouement.