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ville, se vendra 30 ou 85 centins seulement. M. le curé Morisset est obligé de vendre à vil prix les produits de sa dime aux gens qui travaillent dans les moulins de Matane et de Sainte-Félicité, en sorte que ce sont seulement certaines industries locales des environs qui permettent aux habitants de Sandy-Bay d’écouler une partie des produits qui excèdent les besoins de la consommation.
* La pêche du capelan sur le rivage et la préparation du varech pourraient donner une quantité considérable d'engrais, suffisant à fertiliser une bonne partie du comté de Matane, mais à quoi sert encore de se donner le moindre mal pour cela, puisque, à l'heure qu'il est même, ilya beaucoup de produits qui ne peuvent se vendre.
Passons maintenant à la Rivière-Blanche. Toi il est inutile de nous arrêter trop longtemps, attendu que nous aurions à peu près les mêmes choses à relever que précédemment au sujet du commerce de bois, des produits agricoles et de l'élevage. Signalons toutefois qu'il se ferait ici un énorme commerce de bois, s’il y avait un chemin de fer, que ce chemin de fer pourrait s’y approvisionner indéfiniment, et que, d’un autre coté, la confection du bardeau prendrait une extension inouie.
À l'houre actuelle, ce dernier commerce est assez considérable, étant donnée l'impossibilité d'expé-
su du
dier le bardeau autrement qu’en goëlette, et cela dans un temps fort restreint de l’année, et seulement à Québec, ville qui n’est pas du tout un * marché pour ce produit. Aussi, le bardeau est “ sacifié,” comme on dit vulgairement. S'il y avait un embranchement de l’'Intercolonial, passant par la Rivière-Blanche, le bardeau, le cèdre et le bois de corde pourraient être expédiés en toute saison, et cela dans toutes les parties de l'Amérique, outre que l'exploitation en serait avant longtemps triplée er quadruplée.
Il y a aussi à la Rivière-Blanche la question des routes et des chemins. Il est vraiment pénible de voir dans quel abandon, j'oserais dire coupable, on a laissé cette belle paroisse, sous ce rapport. Jusqu'à ces dernières années, il n’y avait absolument qu'une route conduisant aux concessions, et . cela à quatre milles plus bas que l’église, en sorte que le curé, lorsqu'il était appelé par des malades demeurant en ligne droite à trois ou quatre "nilles en arrière de l’église, était obligé de descendre jusqu’à l'unique route que je viens de mentionner, monter cette route, revenir ensuite sur ses pas par le chemin de la concession, et faire ainsi onze milles quand il n’en aurait fait que trois ou quatre, s'il y avait eu une route à partir directement de l'église, comme cels se voit dans la plupart des antres paroisses.
Lu RO
I1 peut sembler puéril, au premier abord, de signaler un fait de ce genre, mais cette impression disparatt quand on réfléchit que c'est là un des nombreux traits caractéristiques de l’insouciance invétérée, de la négligence en quelque sorte voulue et arrêtée des gouvernements conservateurs, en tout ce qui concernait la colonisation et le progrès agricole de la province. On faisait en maints endroits des ébauches de chemins, on faisait travailler un certain nombre d'hommes, qu'on avait sous la main comme autant d'instruments électoraux, on faisait juste la quantité d'ouvrage nécessaire pour nourrir les bonnes dispositions et les espérances des diverses localités, on faisait ouvrir des chemins à tort et à travers, bien plus par faveur, par privilège ou par calcul politique, que pour satisfaire les besoins de la colonisation : il en résultait que des localités à leurs débuts, que l’on avait leurrées des plus magnifiques promesses de chemins de colonisation pendant la période électorale, et que l’on abandonnait ensuite à elles-mèmes, se voyaient désertées rapldement de leurs premiers colons on bien réduites à attendre dans la misère et la servitude qu'or voulût bien compléter les misérables chemins ébauchés naguère.
À ce prnpos, monsieur le Premier, on ne saurait trop insister sur ua point essentiel, c'est qu'avec