‹ Les Conceptions modernes des Albuminuries fonctionnellesChapitre 17 sur 29 · LA DÉBILITE RÉNALE · texte numérisé non relu

LA DÉBILITE RÉNALE

« Dans de nombreux cas en effet le viscère du fait, « vraisemblablement d’un retard de l'évolution des «protoplasmes rénaux, de l’appareil glomérulaire et «et des vaisseaux qui restent aplasiés est incapable de «répondre aux exigences que nécessite l'intensité des «échanges nutritifs provoqués par la fixation d’albu- « mine et des substances minérales durant la croissance «et l’adolescence ; filtre encore suffisant pendant le « repos, il fléchit au moindre effort de l’économie. C’est {ainsi que par l'intermédiaire des troubles vasculaires «et de la prédisposition nerveuse, interviennent, au «cours de l’albuminurie orthostatique, la station debout, «seule où combinée à la fatigue, à la marche, à des «accidents nerveux, aux troubles du tube digestif et des

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« glandes annexes, du foie surtout ; au cours de l’al- «buminurie cyclique, l’orthostatisme combiné à l’'éli- «mination des produits d’un chimisme hépatique « vicié. Dès lors se manifeste la débilité : les glandes «quoique indemnes de toute altération ou frappées « seulement de lésions évolutives, minimes et curables, «président mal à la sélection des éléments de l’urine ; «elles s'opposent à la sécrétion aqueuse (oligurie) «laissent passer un excès produits normaux (urates, «oxalates, etc.) et une petite quantité de sub- «stances anormales (albumine) ». Le

«La coïncidence des troubles des auires organes prouve «que le rein n'est pas seul en cause. Il existe une méio- «pragie généralisée à plusieurs tissus que leur constitu- «tion anatomique empêche d’être à la hauteur de leur «tâche physiologiques (systèmes cardio-vasculaire, ga- «strointestinal, nerveux, glande hépatique, etc.). La «nutrition tout entière est défectueuse. La chlorose, la «scoliose, les accidents digestifs, nerveux, circulatoires «sont proches parents des albuminuries fonctionnelles, «et expériment comme elles la souffrance de viscères «surpris par la suractivité nutritive de la puberté et «de l’adolescence.

«Cet état n’est d’ailleurs que transitoire. Des soins «appropriés et avant tout, le repos, l'interdiction ab- «solue à l’économie des dépenses supérieures à ses mo- «yens, donneront à tous les organes le temps de se déve- «lopper et gagner en force et en résistance. Lorsque l'âge «adulte succèdera à l'adolescence et que sera terminée «cette période d'évolution, ils seront à même de recouvrer «leur fonctionnement antérieur ; les cellules glomérulo- «tubulaires et les vaisseaux du rein sauront de nouveau,

en

«en régularisant la sécretion urinaire, retenir l’albumine»

(Pr. MERKLEN).

Cette notion de la débilité rénale, quelque imprécise qu’elle puisse être, est importante: Il faut bien savoir

en effet que, encore que maintes des albuminuries

fonctionnelles soient susceptibles de disparaître (albuminuries curables) ou tout au moins de laisser indéfiniment intactes les fonctions rénales, d’autres au contraire, ne sont que la préface, dans un délai plus où moins éloigné, d’altérations du rein fonctionnellement plus graves. M. LIAN a dans un article récent insisté sur la fréquence relative des cas d’albuminurie parais- Sant cliniquement simples, ou fonctionnelles, et qui sont la conséquence d’une néphrite avérée 1.

Il importe donc, en présence d’une albuminurie indéterminée compatible avec la santé la meilleure de ne pas s'endormir dans une fausse sécurité, il faut au contraire en suivre l’évolution, explorer de temps à autre les fonctions rénales, s’assurer qu'il ne se fait pas de rétention ni hydrochlorurée, ni azotée, qu’il n'y a pas d’élévation de la constante d’Ambard et qu’il ne se produit pas de rétentissement sur l’appareil cardio-vasculaire. L'existence de la débilité rénale peut être révélée par plusieurs procédés, notamment par les épreuves d'élimination provoquée. L'épreuve de l'albuminurie provoquée proposée par CASTAIGNE a son intérêt, mais on peut lui objecter qu’il est tout

1 De l'atteinte rénale et du régime alimentaire dans les albuminuries des adolescents. C. LIiAN, Revue Médicale Française, novembre 1024,

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aussi possible qu’elle renseigne sur une déficience hépatique ou tissulaire que sur une débilité rénale 1.

1 Cette épreuve qui s'inspire des expériences de BERZELIUS et de Claude BERNARD sur l’albuminurie expérimentalement provoquée par l'introduction dans l'organisme de l’albumine du blanc d’œuf se pratique de la façon suivante: On s'assure préalablement que l’urine du sujet à examiner ne contient pas d’albumine, Puis, ou bien on lui fait une injection intra-musculaire de 2 cc. de blanc d'œuf, prélevé aseptiquement en ponctionnant le pôle préalablement flambé d’un œuf frais, ou bien on lui fait ingérer le matin à jeûn 6 blancs d'œufs, ou bien encore on lui fait prendre un lavement albumineux (Chiray) composé de six blancs d'œufs après administration d’un lavement évacuateur pris la veille. Cette introduction d’albumine dans l’organisme étant faite on recueille pendant trente-six heures et séparément, les mictions dans le produit desquelles on recherche l’albumine par le procédé du chauffage avec acidulation légère par l'acide acétique; quand l'épreuve est positive l’albumine apparaît dans l’urine vers la deuxième heure en cas d’injection et vers la vingtième heure en cas de lavement.

Normalement l'urine doit rester exempte d’albumine.

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