‹ Les Conceptions modernes des Albuminuries fonctionnellesChapitre 19 sur 29 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Il s’agit d’un malade âgé de 15 ans, qui depuis quelques temps se plaint de fatigue générale, il n'accuse aucun autre trouble. C'est un sujet qui n’est pas pâle, il est bien constitué,

parfaitement bien développé pour son âge. Musculature

normale. Aucun œdème. Pas de bouffssure de la face. Température 37°. Pouls 75 à l’entrée.

A l'examen somatique, on ne trouve rien de bien particulier. Dents en bon état, Appareil digestif, pulmonaire, cardio-vasculaire sans particularité. Es -

Tension artérielle 105 /60 au Riva Roaci. À

Système nerveux S. P.

Radioscopie des champs pulmonaires et du cœur et de l'aorte SP:

Mais chez ce sujet qui n'a aucun antécédent morbide notable, aucun antécédent de néphrite, qui dit n'avoir eu aucune angine, qui ne se plaint d’aucun trouble digestif, on trouve au cours d’un examen des urines la présence d’albumine. À un autre examen, on ne trouve absolument rien. .

Is ’agit donc d’une albuminurie intermittente. Afin de déterminer les causes et les moments où cette albuminurie se produit, on fait uriner le sujet, dans des verres séparés pour chaque miction, le sujet étant à certaines heures debout, à d’autres couché.

1re Expérience : Sujet au régime normal, 18-19 janvier 1928.

De r2 b. à 9 h. du matin le lendemain. ù Heure .des repas:

A 12 h. déjeuner: Echantillon émis à 14 h. Albumine +

malade debout.

A 14 h. café au lait: Echantillon émis à 17 h. Albumine

traces. Malade debout.

A 18 h. dîner: Echantillon émis à 23 b. Pas d’albumine.

Malade couché.

Echantillon émis à 6 h. 30 le lendemain matin. Pas

d’albumine, Malade couché.

À 7 h. petit déjeuner, café au lait : Echantillon émis à 8 h. Albumine +. Malade debout.

À 9 h. 30, bouillon ou café: Echantillon émis à 9 h. Pas d’albumine. Malade debout.

2° Expérience : Sujet au régime normal, 27-28 janvier 1928. Heure des repas.

A 11 b. et à midi. Pas d’albumine. Malade debout.

A 12 h. déjeuner: À 14 h. Pas d’albumine. Malade debout.

À 14 h. café au lait : À 16 h. Albumine +. Malade debout. À 18‘h. dîner: À 17 h. Pas d’albumine. Malade debout. À 18 h. Albumine +. Malade debout (Miction avant le repas du soir).

A 20 h. Pas d’albumine. Malade couché.

A 23 h. Pas d’albumine. Malade couché,

Voilà donc une albuminurie où l’orthostatisme joue un rôle indéniable, mais non le seul: L’albuminurie est le plus souvent nettement post-prandiale quand le malade est debout. Par ailleurs, le malade n’urine pas constamment de l’albumine lorsqu'il est debout.

La quantité d’albumine par 24 heures chez ce malade n’a jamais été considérable. Elle n’a jamais dépassé un gramme et demi.

Nous avons pratiqué chez notre sujet les différentes épreuves d'exploration rénale. Elles se sont toutes montrées négatives ; le sédiment urinaire n’a rien révélé de particulier.

Dosage de l’urée sanguine 0,38 par litre.

Constante d’Ambard 0,078.

Elimination de la phénolsulfonéphtaléine 60 %,. Epreuve du bleu de méthylène, élimination normale.

MAT TEE

Débuts 3/4 d'heure après l’iniection de x cc. de solution au 1/20 de bleu de méthylène intrafessière. L’élimination du colorant est continue et non intermittente 1.

Nous avons regardé si notre sujet présentait des déformations de la colonne vertébrale, on pouvait noter seulement une légère scoliose. Nous n'avons pas pratiqué l'épreuve de la lordose provoquée.

Nous avons recherché si dans la station debout il présentait un abaissement de ia tension artérielle. Nous n'avons pas trouvé des différences notables. Signalons que notre sujet était légèrement bypotendu 105 /60.

Ce malade présentant une telle symptomatologie, nous avons voulu le faire examiner par l’oto-rhino-laryngologiste, qui a trouvé chez lui des végétations adénoïdes, et une hypertrophie amygdalienne.

En résumé, il s’agit donc d’une albuminurie TAN Re dans lequel le facteur digestif joue aussi un rôle manifeste. Aucun signe net de débilité rénale. Malgré l'absence d’antécédents angineux et de signes de néphrite, la présence

1 Nous signalons ce fait, car Tamalet dit avoir observé certains cas d’albuminurie fonctionnelle ou l'élimination du bleu étant nettement intermittente, l’albuminurie suivait exactement le même rythme et présentait les mêmes variations que l’élimination du bleu. Il en infère que les cellules des tubes contournés étaient perméables au bleu juste au moment où le rein laissait filtrer l’albumine. « La théorie « glomérulaire de l’albuminurie, dit-il, ne semble pas s’ap- « pliquer à ces cas, puisque la sécrétion de l’ albumine semble «se faire ici au niveau de l’épithélium des tubes contournés «comment expliquer cette intermittence si ce n'est par la «notion du fonctionnement alternatif du parenchyme rénal. « L'intégrité de l’épithélium des tubes contournés étant la «condition primordiale de l'élimination des substances ex- «crémentitielles contenues dans le sang, on conçoit que « celle-ci se trouve en défaut, lorsque sont en fonctionnement «des portions de parenchyme rénal lésées et imperméables. «Dans ces cas, où l’albuminurie suit les mêmes variations

des végétations adénoïdes et des grosses amygdales peut aussi, semble-t-il, jouer un rôle dans l’étiologie de cette albuminurie et exercer une action sur l’état du rein ; l’ablation de végétations, et des amygdales s'impose.

Les végétations adénoïdes et j’hypertrophie amydalienne peuvent en effet, c’est un fait reconnu, entraîner des troubles fonctionnels les plus divers.

OBSERVATION Lis

Sujet âgé de 15 ans, apprenti-menuisier, entre dans 1 service le 20 janvier 1928 parce que depuis six mois environ, il accuse des palpitations cardiaques continues, même nocturnes, et des réveils nocturnes avec dyspnée et angoisse. En même temps il accuse quelques céphalées. Souvent pesanteurs d'estomac post-prandailes, Quelques fois nausées et vomissements alimentaires. Il présenterait parfois, dit-il, quelques accès fébriles, Se plaint de lassitude et de ARTS générales.

Examen :

Sujet de 1,70 m. environ, dégingandé. Pâle, maigre, cheveux blonds vénitiens, scoliose nette. Se tient nettement mal. Dos voûté, Ù

«que l’élimination du bleu, on peut penser que ce ne sont «pas les épithéliums lésés qui laissent filtrer l’albumine, «puisque justement elle n'apparaît qu'au moment où le «bleu est éliminé par des épithéliums sains ; on est donc «en droit de supposer qu'il s’agit d’une a/bumine hétérogène, «existant dans le sang, et éliminée par le rein à la façon «d’une substance excrémentitielle » (Tamalet).

Hypothèse ingénieuse, mais ayant besoin d’être confirmée et de reposer sur des bases plus solides. Les courbes d’élimination du bleu publiées par Tamalet ne montrent pas, en effet, un parallélisme suffisamment démonstratif avec. l'élimination d’albumine, Due qu'on puisse en se quelque conclusion.

À l'examen somatique: au cœur: éréthisme cardiaque. Pas de bruits surajoutés. Tension artérielle; 125/50 au Riva-Rocci. Pas de différence nette entre la tension maxima dans la station debout et la tension maxima dans la station couchée. Percussion ; auscultations pulmonaires normales.

A la radio: cœur, poumons S. P,.

Appareil digestif S. P. Gorge légèrement rouge. Dents bonnes. :

Transit intestinal: ptose et légère atonie gastrique.

Examen rhino-laryngologique : hypertrophie des cornets légère, hypertrophie des amygdales.

Foie, rate S, P.

Système nerveux S. E.

Chez ce malade on trouve une albuminurie intermittente,

ire Expérience : Sujet au régime normal, 27 janvier 1928, 12 b.: 12 h. Pas d’aibumine. Malade debout.

Déjeuner à midi: 14 h. Pas d’albumine. Malade debout. 16 b. Albumine +. Malade debout.

17 b. Albumine +. Malade debout.

Dîner à 18 h.: 18 h. 30. Pas d’albumine, Malade couché. 20 h. Pas d’albumine. Malade couché, £ 23 h. Pas d’albumine. Malade couché.

Le

2€ omis: On laisse le malade au lit une journée avec le même régime.

L’albuminurie disparaît.

Epreuves d’exploration rénale: Sédiment urinaire sans particularités. Urée sanguine o,21 par litre. Elimination du bleu : apparaît au bout d’une heure, continue et régulière.

Phénolsulfonéphtaléine 55 %.

Ce malade rentre absolument dans le cadre de la description classique, Malgré les troubles gastro-intestinaux qu’accuse le sujet, l'influence digestive n’est pas patente tandis que l’action de l’orthostatisme est évidente. D’autre part, bien que n’en ayant aucun symptôme net, l’imprégnation tuberculeuse semble devoir être quelque peu à craindre.

Alors que chez notre premier malade, l’état général n’était que peu touché, ici il est, semble-t-il, plus atteint. C’est un

sujet à mettre au repos, c'est un de ces malades présentant une meiopragie générale de tous les organes due à des troubles fonctionnels liés à la croissance.

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