INTRODUCTION
Le régime actuel des cimetières est l’aboutissant d'une série de considérations que les circonstances mirent en valeur, et qui sont entièrement différentes de celles auxquelles on obéissait autrefois.
Aujourd'hui — sans manquer en rien au respect que l’on doit aux morts, — on obéit, quand il s’agit de réglementer les sépultures, surtout à des considérations pratiques, on cherche à sauvegarder l'hygiène publique, avant la Révolution on obéissait, principalement, à des considérations d'ordre sentimental.
C'est ainsi que l'usage d'enterrer les morts dans les églises dut avoir de nombreuses raisons et, parmi elles, il est facile d'en dégager quelques-unes qui devaient être particulièrement sensibles à l'âme populaire. Une première raison était dans la croyance que la vertu des prières devait avoir de près une action plus puissante, une deuxième, que le respect attaché aux saints eux était une sauvegarde contre les violations dont les tombeaux pouvaient être l'objet ; enfin
une dernière raison trouvait son explication dans le respect que l’on doit aux morts *; la décence exigeant qu'ils soient séparés de la société, les églises offraient, à ce point de vue, toutes les garänties désirables.
Bientôt l'empressement explicable de tous ceux qu voulaient y être enterrés et le peu d'espace du local durent faire mettre un prix à cetle faveur ; ce fut donc le privilège des riches. Mais les églises avaient des terrains attenant à elles, ce furent ces terrains qui devinrent la sépulture générale des chrétiens.
Si respectable que fut la pratique que nous venons d'indiquer, 1l était fatal qu'elle était appelée à disparaître ; d'une façon générale, c'était la négation complète de toute règle d'hygiène.
Une ordonnance royale du 10 mars 1776, étendant à tout le territoire une mesure particulière à Paris, ordonnait de placer les cimetières hors des agglomérations. Avant de proposer une pareille mesure, le pouvoir royal s'était concerté avec l'autorité religieuse ; en effet, dans l'ordonnance que nous venons d'indiquer, 1l est parlé « du désir qu'ont les magis- « trats du Royaume d'une loi capable de concilier, « avec la salubrité de l'air, ce que les règles ecclé- « siastiques peuvent permettre. »
Ces mesures, destinées à sauvegarder l'hygiène publique, ne furent pas suivies : la pratique d’inhumer les morts dans les églises ou les terrains y atte-