‹ Les Concini, 1616-1617Chapitre 6 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

54 I>ES CONCÏNI

On l'envoya promener avec sa prudence.

— A propos de bal et d'Italiens, savez-vous, nos amis, dit Vitry, que leur maître à tous, hier a quitté Paris?

— Le maréchal est parti! s'écria de Luynes.

— Nous échapperait-il ? pensa Cadenet.

— En êtes-vous sur, capitaine?

— Quoi, tu l'ignorais, toi, Albert? s'écria Marcillac. Yoilà-t-il pas un beau veneur, dont les chiens se laissent dépister, au mo^pent de relancer la bête? Parti, oui, parti 1... je l'ai vu en route, sortir, avec quelques valets bien montés, par la porte Saint- Honoré. Le bruit courait qu'il allait en ^ormandie.

— On assure, reprit Vitry, qu'il a le projet de s'y cantonner: il fait fortifier Quillebœuf, et traite des gouvernements du Pont-de-l'Arche , de Vernon, de Meuian et de Corbeil.

— Vous l'entendez, mon frère, dit Cadenet en poussant son frère de sa botte.

— Et que voulez-vous que j'y fasse! s'écria Albert impatienté.

— Moi, rien, répondit Cadenet en rougissant; mais avec un homme qui pousse les choses aux extrémités...

— Il les faudrait pousser aussi, n'est-ce pas.

LES GONCINI. 35

dit le grand blond avec vivacité. Il est étonnant, mon frère Cadenet! Comme si j'étais le maître! Que diable , je ne puis pas danser plus vite que le violon ne jouel

— Mais du moins il faudrait, mon frère, prévenir votre auguste ami de ce que vous venez d'apprendre.

— Et lui faire sentir la nécessité, ajouta Brantes, de s'adresser à nos braves lames pour trancher la difûculté.

— Je dis ce qu'il faut dire , et fais ce qu'il faut faire, répondit de Luynes, mais de par Dieul que votre esprit, monsieur Cadenet, que votre courage, monsieur Erantes me laissent respirer!

— Ne vous fâchez pas, mon frère, dit Cadenet en reprenant son ton mielleux, et songez plutôt, ajouta-t-il en tirant une grosse montre de sa ceinture, que l'heure se passe et que le roi est seul, ou peut-être avec Mont-Pouillan. Ce petit drôle, qu'on a placé dernièrement près de lui, est fin, dit-on, et Louis XIII...

Luynes l'interrompit:

— C'est bon, c'est bon! l'heure est passée, il s'inquiète et s'ennuie... Il n'est pas mal de lui donner de temps en temps de ces petits tourments-là... Et là-dessus, adieu, nos amis !

Il fit faire à son cheval un mouvement qui le porta en avant du j^roupe équitant.

— Ah çà 1 s'écria-t-il , en se retournant, à demain, à deux heures chez moi!

— C'est convenu !

— Vous n oublierez pas !

— Non, non 1 fut la réponse générale.

Il donna un coup d'éperon , et fut bientôt loin d'eux.

En sortant de la grille qui s'élevait à l'entrée du Cours, il avisa, debout sur l'un des côtés du sentier bordé de haies qui le ramenait aux Tuileries, un long manteau brun coiffé d'un chapeau rabattu, et drapé autour d'un individu qui semblait posté là pour l'attendre.

— Monseigneur! lui cria-t-il en étendant vers lui un bras impératif.

— Qu'y a-t-il pour votre service,. monsieur? dit le favori en arrêtant sa course, '^'^n iJ<

— G'eét pour le vôtre que je suis ici , continua l'inconnu en s 'approchant du cavaher et en portant sa main jaune et décharnée à la bride, comme pour maintenir l'impatience du chreval et l'empêcher d'interrompre ce qu'il avait à dire à son maître. ■' "^1^"'»^ «^ ^^H

— Que voulez-vous, l'ami? dit Luynes, frappé

ms coNciNi. 37

de ia figure sinistre de l'homme.... Dépêchezvous, je suis pressé!

— Ce sera vite fait... Écoutez-moi donc! Ennemi de votre ennemi, c'est une raison pour que j'e sois un peu votre ami.... Introduit dans la maison des Italiens, je veille sur toutes leurs actions; ce que je saurai vous le saurez. Aujourd'hui l'on s'y prépaie à une action décisive. La captivité d'un grand personnage est décidée — Ce personnage est-ce vous ? je le crois. Vous voilà averti... Tenez-vous sur vos gardes !

— M'arrêter! s'écria de Luynes, comment le savez-vous?

■ — Adieu , reprit l'homme sans répondre à cette question , adieu ! je vous reverrai et je vous apporterai, planche à planche, l'ëchafaud où doivent monter les Concini et leurs complices ! C'est un secret de sang, un mystère d'iniquité qui en sera la hache , et votre voix seule peut guider le bras capable de soulever cette arme terrible... Adieu 1

Il lâcha la bride; et le coursier qui , pendant ces paroles, retenu par cette main terrible et effrayé par cette voix, avait piaffé et écume, libre enfin, s'élança devant lui avec la rapidité d'une flèche. Le jeune cavalier, déjà loin, tourna îa

tète, pour apercevoir encore son singulier interlocuteur... Comme une vision de iièyre , il avait disparu derrière les halliers.

C'était le faux juif en personne.

Eu réfléchissant à ce qu'il venait de voir et d'entendre , le favori arriva au pied du mur des Tuileries. Toute la partie de ces jardins qui regarde maintenant la place Louis XV, était alors bordée par les murs d'enceinte de Paris , et par le fossé de ces vieilles fortifications, qui venait se jeter dans la Seine , après avoir passé devant le pont-levis de la porte de la Conférence. Cette porte était située à peu près vers la pointe de la terrasse du bord de l'eau. La maison du gardien des clefs avait une entrée sur le jardin : c'était la seule manière d'y parvenir de ce côté.

Luynes, profitant de cette voie, mit pied à terre devant la porte, qui ne pouvait s'ouvrir que

LES C.ONCIM. 59

pour luij laissa son cheval à son valetj et, entré seul dans les Tuileries, s'enfonça dans les allées où il savait trouver le roi.

C'était alors moins un jardin qu'un parc. Le riche crayon de Le Nôtre n'était pas encore venu y tracer ses grandes lignes , et distribuer les vastes terrains en allées spacieuses, en terrasses magnifiques. Son génie n'avait point encore fait circuler l'air et la vue dans cet amas de hautes futaies , que coupaient alors d'inégales allées, avec tout le pêle-mêle étudié d'un labyrinthe ; mais la saison et la solitude donnaient à ces bois plus de charmes que le monde , ses livrées et ses carrosses, n'en prêtaient au Cours où nous étions tout à l'heure.

On l'a dit, c'était un des premiers beaux jours d'avril, tristes et doux daps leur langueur , vous savez, quand la nature sourit sous son voile de deuil, que l'aile de la brise écarte à peine de son sein, qui frissonne encore. Alors, dans nos vieux parcs de France il se trouve des allées délicieuses : ce sont celles où arrivent les premières caresses de bien-venue du printemps, et que de hautes charmilles ou un vieux mur tout vert de lierre , protègent contre le vent encore froid. L'herbe de ce côté est déjà toute semée de vio-

L\0 LES CONCiNI.

Jettes, et toute blanchie par les fleurs rondes du fraisier des bois ; de ce côté la ronce et l'aubier laissent échapper les dentelures de leurs follicules; de ce côté il y a déjà des chants d'espérance et de joie, et des murmures de feuilles sèches sous les petits pieds du rouge-gorge qui saute au soleil et du- lézard sorti de sou trou garni de moussq ; tandis qu'à côté, dans une allée bien sombre , on trouverait peut-être encore un reste de neige aubîiée dans un fossé.

Bientôtle favori aperçut de loin celui qu'il cherchait. D était seul, assis sur un banc ; et quoique le banc fût abrité du vent, et exposé au soleil du midi, le jeune prince s'y tenait enveloppé dans son manteau de velours cerise, et frappant de sa large botte éperonnée le sable qu'il creusait par ennui ou par froid.,

Louis XIII avait alors seize ans; c'était une jeunesse triste et sombre comme le matin d'un jour d'orage. Des nuits inquiètes et fatales avaient déjà terni l'éclat de son œil, un malaise intérieur avait déjà pâli et allongé ses joues.

Inquiet et farouche au milieu de sa cour, il s'épouvantait de la solitude, où le poursuivaient on ne sait quelles images funèbres. Ce jour-là, il y avait trouvé des idées, encore plus sombres

que de coutume. Il promenait un long et triste regard sur ces arbres dont la vie allait jaillir avec toutes ses merveilles , tandis qu'il la sentait se rétrécir au-dedans de lui ; et c'était un douloureux contraste que celui de cette jeunesse étiolée , mourante , inactive et grelottant de froid , en face de ce chaud travail de résurrection qui tourmentait toute la nature.

Il fit comme s'il n'avait pas aperçu de Luynes, et tournant brusquement le dos à l'allée que celui-ci Stiivait pour arriver à lui , il croisa les jambes, et, accoudé sur son genou, il appuya sa tête sur sa main.

Arrivé près de lui , le favori traîna ses pieds sur le sable, lit sonner ses éperons et toussa pour le tirer de sa rêverie.

— Est-ce vous, Mont-Pouillan?... dit le roi sans tourner la tête de son côté.

— Non, sire, c'est de Luynes ,... de Luynes que votre service a trop long-temps retenu loin de ces lieux où son cœur le rappelait , ajoutat-il avec une voix où il mit le plus qu'il put d'expression.

— Mon service ou ceîiii de quelque dame,

dit le roi en relevant la tête et en regardant fixeipent le favori.

'(2 LES CONCIM.

— Ah! sire! pour qui me prenez-vous? Moi, au service d'une femme.'... ne voilà-t-il pas un bel oiseau, pour affrioler nos pie-grièches; des mines doucereuses, des dents blanches qu'on montre à tout propos, des tailles de guêpes, et sous leurs fraises

— Des objets, reprit le roi avec dégoût, qu'elles montrent avec une immodestie qu'on serait tenté sans cesse de punir par quelque avanie publique.

— Et que ce serait bien fait! Non, sire, ce n'est point aux femmes que je songe, ce n'est point là le sujet de mes pensées constantes , de mes inquiétudes quotidiennes.

— Qu'est-ce donc, Albert? demanda Louis avec cet air mi-inquiet, mi-souriant que prend une femme quand elle attend un compliment qu'elle a provoqué.

— ^Les plaisirs et le bonheur de mon maître, répondit le jeune homme.

— De ton ami , dit Louis en lui tendant la main avec bonté.

Le favori la pressa respectueusement de ses lèvres , et, attiré par le roi , il se trouva bientôt assis à ses côtés sur le banc.

— Savez-vous bien, monsieur, lui dit le jeune

LES CONCINI. l^~y

prince avec un ton de reproches et en lui donnant de son gant de petits coups sur la joue, qu'il y a une grande heure que je vous attends dans ce jardin?

— Sire, je croyais que vous n'y étiez pas seul.

— En effet le fils du duc de la Force m'avait suivi. Il m'ennuie, ce petit Mont-Pouillan ! toujours à me parler politique, affaires d'État...

— Le petit sot choisit bien ses sujets de conversation, vraiment!

— Eh, mon Dieu, reprit Louis, ce qui me plaît dans notre position vraiment, c'est de n'être pas forcé de m 'occuper de ce casse-tête. Madame ma mère se plaît à ce tracas...

— Grand bien lui fasse! et que ce soit le plus long-temps possible,... n'est-ce pas, sire?... dit de Luynes en jetant un regard pénétrant sur le roi.

— Oui, certes! reprit Louis avec un sourire amer. Qu'elle règne long-temps! c'est le vœu d'un bon fils, Albert, puisque régner, pour elle, c'est vivre !

— Oui, oui, dit Luynes vivement: qu'elle brouille l'État, divise les grands, ruine votre peuple, pour enrichir des coquins qui viennent du

44 l'Es COACINI.

pays des stylets etdes poisons, sire... Aux plaintes delà France, nous répondrons avec le Décalogue :

Père et mère honoreras.

Encore si nous pouvions ajouter : afin de vivre longuement !

Louis s'était levé avec humeur; il fit quelques pas en tournant le dos h. son favori.

— Je suis bien de l'avis de votre majesté, dit celui-ci en se rapprochant du roi par un mouvement vers l'extrémité du banc, il faut prendre du bon temps et bien rire des sottises où nous ne sommes pour rien!

— Nous verrons comme ils s'en retireront, reprit Louis en se frottant les mains et en revenant prendre sa première place auprès d'Albert. Ils seraient enchantés que j'assistasse à leur conseil, que j'y dise mon avis!... La régente me fait part de tous leurs plans

— Ah! dit Luynes avec un air tant soit peu incrédule, on vous fait part des plans?

— Serait-il convenable, monsieur, qu'il en fût giutrement? dit Louis d'un air piqué.

— Non, certainement, sire; mais votre majesté

TES nor-fciNi. [\^

sait que l'habitude ici n'est pas de faire toujours ce qui est convenable.

— C'est le duc d'Angoulême qu'ils mettent à la tête de notre maison pour marcher vers Perronne, reprit Louis avec mystère.

— Eh,sirelilYahuit joursquecclaestconnu...

C'est moi qui tous l'ai appris.

Louis fronça le sourcil, et après un instant de silence:

— Ils espèrent traiter séparément avec Guise, dit-il.

•;[; — Et M. de Longueville, reprit de Luynes. C!est l'objet d'une note que je remis hier à votre majesté... Mais, dans ces plans, dont on vous a fait part, vous a-t-on parlé du projet de m'arrêter ?

— Vous arrête?! vous, Albert?

— Moi... C'est du moins ce qu'un homme, un inconnu qui s'est levé comme un spectre sur nmn passage, vient de m 'apprendre. La captivité d'un grand personnage est décidée, m'a-t-il dit.

— Un grand personnage, Albert! Vous voyez bien que ce "n'est pas vous, dit Louis avec une bonhomie toute méchante.

— C'est ce que j'ai pensé, reprit Luynes en se mordant les lèvres. Cet homme, qui ne sait pas

40 LES CONCIM.

ce qui se passe à la cour, apprenant qu'un grand personnage allait être arrêté, et instruit peutêtre de la familiarité dont votre majesté m'honore, a pu croire que c'était un grand personnage, celui que le roi daigne nommer son ami;... il s'est trompé,... à qui la faute, sire? Louis rougit et ne répondit pas.

— Attendez, donc , s'écria-t-il après un instant de silence, votre homme et son propos me mettent sur la voie;... il se trame quelque chose au Louvre,... je m'en suis aperçu... ; et je le parierais : c'est notre beau cousin , c'est Condé qu'ils veulent arrêter. Savez-vous ce que disait ma mère , hier , en le voyant de chez elle entrer au château , escorté d'une foule de demandeurs et de courtisans :... « Place! voici le roi.... Nous j mettrons bon ordre, et il sera de sa royauté comme de celle de la fève. »

— Et vous croyez , sire , qu'elle l'enverra la digérer à la Bastille.... Au surplus, si ce projet entre dans ses plans, vous avouerez, sire, qu'elle vous les explique peu clairement.... Ainsi voilà un prince du sang sacrifié aux Con-

cini Cela va bien! et l'on conviendra que le

chemin s'élargit bien devant eux.... Encore un coup, et ils pourront.... Mais, mon Dieu ! pour-

quoiparler politique?... Après tout, nous nous moquons de leurs affaires comme d'un faucon qui ne pince plus,... n'est-ce pas, sire?

— Assurément... je m'en moque bien, s'écria Louis,... et j'aime mieux ce siège au soleil , ajouta-t-il en toussant et en se serrant dans son manteau, que le fauteuil de leur conseil.

Un long silence suivit ces paroles. Louis avait sur son banc des mouvements de mauvaise humeur. Le favori sentait qu'il le poussait encore plus par son silence que partout ce qu'il aurait pu lui dire.

Il rompit enfin le silence.

— Votre majesté ne donne -t- elle pas du cor aujourd'hui? dit-il indifféremment.

— Non , répondit Louis avec humeur. L'on m'a dit que cela pourrait me faire beaucoup de mal;... le roi Charles IX, assure-t-on, se rompit une veine en sonnant du cor, et mourut de cet accident.

— De cet accident, reprit de Luynes, ou, disent d'autres personnes se prétendant bien instruites , de la brouillerie qu'il eut avec la reine Catherine de Médicis.... Ce fut là, assurent ces personnes , la véritable cause de sa

mort Oui, sire, s'il n'eût pas suivi le conseil

que lui donna le maréchal de Retz de retourner auprès de Catherine , à Monceaux, il ne serait pas mort si jeune!

— Je l'ai déjà entendu raconter ainsi , dit Louis en pâlissant; c'est si affreux qu'on a peine à le croire Une mère!

— Une femme venue d'Italie , reprit de Luynes , et entourée de ses créatures italiennes , gens à fiole et à grimoire , comme chacun sait.

— Une mère! répéta Louis.... ÎSon, non,... c*est impossible!... Ah! je souffre encore plus aujourd'hui que ces jours derniers , reprit-il après un instant de silence et de réflexion, et en appuyant sa tête sur l'épaule de son ami.

J'ai froid et soif Ma main est glacée et ma

tête brûle — Albert, je souffre beaucoup

— Sire, vous m'affligez vivement, dit le jeune homme d'un ton pénétré. Mais ce n'est qu'un temps à passer, et voici la belle saison qui vous va rendre la santé et la joie.

— La joiel oh ! non,... je ne suis pas né pour la connaître!... La joie, Albert, pour moi dont les premiers vêtements furent de deuil ! Pour moi à qui l'on offrit pour, première fête les funérailles d'un père à Saint-Denis! Mon glo-

rieux Henri, mon pauvre père,.-- comme ils t'ont traité!... Et c'est là qu'est mon mal, ajouta-t-il après que ses sanglots furent calmés. C'est son cœur qui manque à mon cœur pour l'échauffer ; c'est son âme dont mon âme avait besoin pour l'animer... Auprès de lui, j'aurais combattu, triomphé... Un combat! le triomphe! mais c'est une vie nouvelle, c'est du sang nouveau dans le cœur d'un roi !... C'était là ce qu'il fallait pour me fortifier, pour me grandir,...

moi, triste; moi, malade; moi, faible Quand

je l'aurais entendu nous crier : — Vous êtes Français, étvoicil'ennemi! — Non, non,., après, peut-être,... pourquoi pas? mais fier de quelque belle blessure, mais glorieux, mais couché sur un drapeau espagnol, mais l'entendant, mon noble père, l'entendant s'écrier : — Ornes Français, il est digne de moi et devons!...

— Sire, sire, de grâce, calmez-vous! s'écria de Luynes avec attendrissement, — et cette fois on doit dire qu'il n'était pas joué. — Cette exaltation vous fait mal,... elle use vos forces... Vous auriez triomphé , dites-vous, près de votre père, de glorieuse mémoire ; sire , vous triompherez seul quand vous voudrez. Il ne faut pour cela que savoir dire : — Je suis roi !

Page 1