Les conditions de la guerre moderne
Le général prussien von Bernhardi est, actuellement, la personnalité militaire la plus en vue de l'Allemao^ne. 11 est surtout connu en France par son grand ouvrage, en deux gros volumes, ayant pour titre La guerre (Taujourcrhui^ qu'il a publié en 1911 et dont une traduction française a paru chez Ghapelot en 1915.
Bernhardi a le culte de la force et n'admire qu'elle, estimant que la guerre seule conduit aux grands résultats sociaux. Pour lui, de même que la hardiesse des Japonais en Mandchourie a fait d'eux la nation souveraine de r extrême-Orient^ de même aussi, les Allemands sauront un jour s'établir et se mainte-
nir comme le peuple souverain de V Europe.
Inutile d'ajouter que le général Bernhardi est un des champions les plus actifs du pangermanisme.
Sa haine de la France est sans limites. J'ai eu l'occasion de causer avec lui, en 1900, au sujet de « la guerre napoléonienne » et je dois dire que sa pensée se reportait sans cesse à la guerre franco-allemande de l'avenir, considérée par lui comme indéchiffrable, à la façon du sphinx de la fable.
Dans son livre, Bernhardi résume les connaissances acquises sur la guerre moderne et le fait avec un esprit élevé. Le profane n'a pas grand'chose à y apprendre, faute d'une initiation suffisante, mais le militaire y trouve de très nombreuses considérations bien présentées.
Les conditions de la guerre moderne, suivant Bernhardi, reposent sur les masses^ les armes et les moyens de communication^ autrement dit, sur des procédés matériels. En cela, ils sont conformes aux conditions de la guerre telle que la comprennent aujourd'hui les chefs de l'armée allemande.
Les atrocités qui ont accompagné, en Belgique ainsi que dans le nord et le nord-est de la France, les opérations des armées aile-