SITUATION STRATÉGIQUE ACTUELLE
attaques massives et impétueuses de leurs adversaires.
Les manœuvres sur lignes intérieures effectuées au cours de cette guerre ressortissent à la défensive stratégique que les Allemands ont adoptée pour faire face aux Alliés, très supérieurs en nombre.
La défensive stratégique donne lieu à des efforts excentriques, alors que l'offensive stratégique ne connaît que les efforts concentriques.
Cette vérité d'ordre géométrique est confirmée par l'histoire des guerres et semble avoir inspiré à l'auteur de la note de l'agence Havas sa phrase terminale ainsi conçue :
« Les puissances alliées, considérant l'ave- <i nir avec une certitude absolue, n'ont qu'à « poursuivre sans discontinuer V effort con- (( vergenl dont l'héroïque Russie porte actuelce lement le poids le plus lourd... »
On a comparé la situation stratégique actuelle des Allemands à celle de Napoléon au mois d'août 1813, quand la rupture de l'armistice fut suivie de l'entrée de l'Autriche dans la coalition.
Le rapprochement v lUt qu'on l'examine, bien que les condit' ns de la guerre aient
beaucoup changé depuis 1813 sous l'influence des progrès d'ordre matériel.
D'août à octobre 1813, Napoléon, en position derrière l'Elbe, a fait, avec un art consommé, de la stratégie défensive contre des ennemis très supérieurs en nombre et fort excités contre lui. Les nombreuses navettes exécutées par les troupes napoléoniennes ont eu pour effet de retarder l'enveloppement à Leipzig, mais ne l'ont pas empêché.
Offensive, encore et toujours!
A la date du 9 juin dernier, le Bulletin des Armées a publié une série de documents relatifs à la bataille de la Marne, qui précisent « les conditions dans lesquelles elle s'est livrée et les ordres qui l'ont préparée ».
Tout le monde sait que l'armée anglaise et trois de nos armées sur cinq , réunies le 20 août 1914 sur la Sambre, attaquèrent en nombre très inférieur les armées allemandes et perdirent la bataille dite de Charleroi.
Le 25 août 1914, quand l'issue de cette bataille ne fit plus aucun doute, le général Joffre, commandant en chef, prit la résolution de battre en retraite vers le sud, en laissant Paris à l'ouest des lignes de marche, avec l'arrière-pensée très nette de reprendre l'offensive dès que se présenterait une occasion favorable.
L'ordre général du 25 août 1914 précise les dispositions à prendre en conséquence.
Après avoir constaté l'avortement de la manœuvre offensive de Charleroi, l'ordre qui nous occupe annonce la formation, à notre aile gauche, d'une masse de manœuvre destinée à reprendre l'offensive dans le temps que les autres forces contiendront l'ennemi.
La masse de manœuvre projetée devait être composée des 4® et 5^ armées réunies, de l'armée anglaise et de forces nouvelles amenées de l'est, en vue de constituer une 6® armée, ou armée de Paris, laquelle serait groupée du 27 août au 2 septembre dans la région d'Amiens (sud), et prête à prendre l'offensive sur Arras.
Pourquoi le général en chef voulait-il préparer, le 25 août, la réunion, le P'' ou le 2 septembre, d'une masse de manœuvre à son aile gauche ?
C'est que, dès les premiers jours de la campagne, on avait constaté, chez les Allemands, une tendance très accusée à renforcer leur aile droite et à la pousser en échelon avancé, comme pour déborder les Français par l'ouest et les refouler vers la Suisse.
L'ordre général du 25 août, en prévision d'une reprise de l'offensive par la gauche, le V" ou le 2 septembre, fixait les zones de marche jusqu'à cette date, prescrivait les me-