‹ Les conditions de la guerre moderneChapitre 50 sur 53 · DÉFENSE AÉRIENNE DE PARIS · texte numérisé non relu

DÉFENSE AÉRIENNE DE PARIS

le brouillard couvrira le sol d'un voile opaque de quelque cinquante à cent mètres, nos aviateurs ne pourront donner la chasse aux pirates, car il sera impossible de se guider sur des signaux, et, par conséquent, d'atterrir.

«. Donner des ordres de départ à des avions dans de telles conditions atmosphériques, ce serait vouer les pilotes à une mort certaine.

« Or, nos pilotes aptes au vol de nuit ne sont pas légion. Par temps de brume élevée, le vol est également très diflicile, mais les dilTicultés pourraient être surmontées, à la condition de munir les avions de certains appareils qui leur permettraient de traverser la couche de brume en gardant leur stabilité. Ces appareils sont connus. Espérons qu'ils seront mis prochainement à la disposition de nos aviateurs. »

Il y a longtemps que des stabilisateurs excellents, ou reconnus tels à la suite de nombreuses expériences, devraient être employés d'une façon courante par nos aviateurs. Pour ma part, je signalerai deux appareils de ce genre : le stabilisateur Doutre, expérimenté en 1912, et le stabilisateur des frères Moreau, présenté au public en 1913.

La principale cause delà défaveur dont ces

appareils ont souffert auprès des aviateurs doit être recherchée dans l'impossibilité où croyaient être les aviateurs, avant la guerre actuelle, de procéder à des vols nocturnes.

Au sujet de l'appareil de stabilisation des frères Moreau, un de mes correspondants m'écrivait, le 10 février dernier :

« J'ai vu, en ce qui me concerne, plus de « dix fois l'inventeur évoluer publiquement, (( il y a quelques années (en 1913), et ce, sur a de longs parcours, sans l'aide des com- (( mandes, et les mains en l'air.

« Le stabilisateur Moreau rendrait de « grands services aujourd'hui dans les coma bats nocturnes, où il est si difficile pour « l'aviateur d'avoir la sensation exacte de « l'équilibre.

« Ne voyant que le bien de la France, j*ose « vous demander de rechercher, et au besoin « de signaler, les causes qui ont conduit à « étouffer l'idée des frères Moreau. »

Il en a été du stabilisateur Moreau comme du stabilisateur Doutre. Avant cette guerre, nos aviateurs ne volaient pas la nuit, parce que le vol nocturne leur semblait impossible à exécuter. On comprend, dès lors, que n'ayant nul besoin d'un stabilisateur automatique pour assurer leur équilibre nocturne, ils se

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