‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 107 sur 207 · Voyez la note à l'article du 5 septembre · texte numérisé non relu

Voyez la note à l'article du 5 septembre

premier mois de guerre. A ses jugements d'une impudente légèreté, il ajoutait des indiscrétions honteuses. Sa qualité de sénateur influent, qui lui permettait seule de connaître certains secrets, assurait aux commentaires du journaliste une impunité révoltante. Cette impunité n'a pas cessé. On a simplement essayé d'empêcher le mal de se produire. La suspension de VHomme libre ne sert de rien : la publication de VHomme enchaîné, non contente de lui remettre en main l'instrument de démolition dont il a besoin, enseignera désormais à tous les citoyens, par la parole et par l'exemple, le moyen de tourner la loi en général (ce qui n'a pas plus grande importance) mais une loi de salut public, une loi de salut national et militaire (ce qui en aura, tant qu'il y aura une France).

Une fois de plus, toute l'influence publique accumulée par M. Clemenceau depuis qu'il s'occupe des affaires du pays se trouve retournée contre la sûreté et la force du pays. Nous demandions en août que cet écrivain malfaisant fût mis en demeure d'opter entre le Conseil des ministres et le Conseil de guerre. Ces deux remèdes radicaux pouvaient seuls opérer. Mais le premier n'est plus tolérable aujourd'hui, M. Clemenceau a trop abusé de la liberté pour avoir conservé la moindre autorité. Son anarchisme invétéré persiste devant l'ennemi : il n'y a plus qu'ù charger de chaînes qui ne soit point de rhétoriqiu^ cet homme qui fait l'enchaîné. On ne le fera pas, on ne l'osera pas, cela est bien certain; mais il est bien certain qu'on s'en mordra les doigts. Et avant peu.

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