LE SAPEUR PROVIDENTIEL
5 octobre 1914. j
Nous livrons une guerre de siège : or, les jeux l
éloignés, les coups tant de fois divergents des avan- !
céments, des nominations, des promotions auront, j
pour l'heure imprévisible où la principale afïaire de |
nos soldats devait être de remuer la terre et de creu- j
ser des tranchées, produit un généralissime sorti de j
Tarme du Génie, celui-là même que son ancien ensei- ]
gnement militaire avait fait appeler Le Terrassier. I
On ne Técoutait pas assez dans ces années d'école. |
La tendance à l'abri, l'art de la guerre des mines ]
passaient pour être plus allemands que français*. |
L'expérience de 1914 devait se charger de nous \
inculquer la leçon. Cette expérience pouvait être \
coûteuse avec un autre chef: aussi avons-nous celui- !
là î De dix, de vingt, de cent, celui que devait récla- j
mer un état de choses inouï n'a môme pas eu à mon- -j
ter en grade :.il étaitlà, tranquillement installé dans ]
le grade duquel tout dépendait, nuquel tout était i
suspendu. Son absence aurait pu nous faire perdre i
cinq minutes, une heure, un jour. Ce jour aurait été \
précieux, ces minutes indispensables : il no le faUait ]
pas, il fallait donc que JoflVc fût où il était, dans la ■
fonction déjà exercée, au poste déjà éprouvé et ]
i. Tout simplement pnrce que, pendant la paix, le chef ^ allemand imposait le travail de la terre à ses hommes. | Les nôtres plus « conscients » s'y prêtaient mal, et l'autorité t n'était pas assez libre pour imposer ce bienfait. |