LA GUERRE DES CURÉS
Une sourde campagne, la campagne de la « guerre des curés » continue à être menée. Une vague rumeur répète que l'immense effusion de notre sang français a été provoquée, désirée, payée même par les prêtres ou par les nobles, ou par les riches, ou par les bourgeois. Deux honorables protestations ol'ficielles, émanant d\in préfet et d'un sous-préfet ont constaté le fait pour la Savoie et pour la Loire- Inférieure. Le même fait, qui serait honteux pour le pays, s'il en était le fruit naturel, a été observé en Dordogne par M. Fonsegrive qui en a parlé deux fois au Correspondant. M. de Mun, à VEcho de Paris, possède un volumineux dossier de ces infamies. La Croix signale que les mêmes bêtises méchantes se répètent dans un grand nombre d'autres départements. Les premiers dans la presse parisienne, nous avons abordé en rougissant cet affreux sujet. Nous y avons apporté toute la mesure possible, et c'est au nom de l'honneur français que nous avons adjuré nos concitoyens de réfléchir, d'intervenir, d'obliger les pouvoirs publics à prendre une initiative d'ensemble, la seule qui soit en état de nous dégager tous du contact avec l'abjection et l'ineptie.
A défaut d'honneur national, l'intérêt national devrait être écouté. Dans l'état présent de la guerre, il
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ne reste plus à l'ennemi qu'un espoir, c'est notre^ division. Sans doute la sottise, la peur, l'envie civi- 5 que, la haine sociale sont les alliées naturelles deî l'ennemi. Mais voudrait-on nous faire croire que cesj éléments indignes sont activés ou protégés, servis ou^ défendus par une faction politique? Reste-til une! faction intéressée à nous diviser et à nous agiter| devant l'ennemi. \
Une Française dont tous les parents se sont battus j de tous temps pour la France et dont le fils, natu- J rellement, se bat aux avant-postes plus souvent qu'à 5 son tour', nous écrit que dans l'Indre les basses ma- ': nœuvres dont je parle vont jusqu'à préciser ce que \ chaque famille notoire a pu donner de subsides à \ l'Allemagne pour l'aider dans son entreprise : car il \ ne s'agit pas seulement de châtelains ou de prêtres; l notre simple bourgeoisie a, elle aussi, son compte, j M. Fonsegrive l'avait noté dans son premier article] du Correspondant, il l'a oublié dans le second, et je ^ le regrette pour la clarté et la valeur de ces articles. I
Plus les familles font < d'action sociale * et répan-; dent de bienfaits autour d'elles, plus elles sont vises ■ par ces rumeurs. L'une d'elles, qui ne cesse d' « aller i au peuple » est soupçonnée d'avoir donné une somme * tellement énorme que l'empereur Guillaume est venu, ] en aéroplane, lui porter ses remerciements. Cela est ; stupide sans doute? Cela donc est d'abord indigne. ■ Et puis cela peut finir par faire autant de mal à la | France que de bien à l'Allemagne armée, et ( c n^^l i pas peu dire. '.
1. Ce fils, René d'Aubeigné, est tombé au champ d'hon- \ neur. i
Le Conseil des minisires vient de répondre aux pélitionnements en faveur des prières officielles que les lois n'admettaient pas son intervention dans les manifestations cultuelles : les mêmes lois admettentelles la diffamation gratuite et bête des citoyens les uns par les autres? Et si les lois sont gardiennes de la Cité, peuvent-elles permettre les travaux souterrains qui minent la place publique alors que l'ennemi assiège le rempart? On châtie les fauteurs de panique. Les fauteurs de guerre civile ne doivent pas être traités avec plus de douceur.
On a sacré l'union, afin qu'elle fasse la force qui fera la victoire. La défaite est au bout des faiblesses créées par la division.