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POUR LA PAIX RELIGIEUSE

Empêchera-t-on les bêtises de recommencer? Sans l'espérer nous le désirions, nous le demandions, puisque c'est au gouvernement en personne que nous nous adressions pour mettre fin aux infamies débitées d'un bout à l'autre du pays sur la complicité des prêtres, des nobles ou des riches avec l'envahisseur allemand. Il nous semble que le gouvernement se serait honoré en imitant ce préfet de la Savoie, ce sous-préfet de la Loire-Inférieure qui ont protesté publiquement, par circulaire, contre ces diffamations beaucoup plus offensantes pour les ditïamateurs que pour les diffamés. Une parole adressée de haut à l'ensemble du pays et généralisant les deux protestations locales eût montré qu'il y a sous les mots de concorde et d'union prononcés, des sentiments réels, des volontés concrètes tendant à une politique digne des besoins nationaux.

Un témoignage officiel, encore un coup, nous y tenions infiniment plus pour l'honneur et la paix de la France que pour les Français visés par l'outrage. Le courageux évêque de Montauban, Mgr Marty, a jugé cet outrage trop inepte et trop odieux pour être même discuté :

Quoi donc? Le Pape meurt de la tristesse que lui cause la guerre, 20 000 prêtres sont occupés à défendre

272 LA FRANCE SE SAUVE ELLE-MÊME. j

la France et 10 000 autres vont être appelés,... Le pre- I

mier fusillé des Allemands est un prêtre... Nous multi- j

plions nos efforts pour soulager nos blessés, nous l

faisons des prières solennelles pour que Dieu nous i

donne la paix et la victoire.... Et nous sommes avec les j

Prussiens ? j

Il y a pourtant des parties du territoire où il a l

fallu élever la voix aussi haut que possible. Ainsi j

Mgr Tarchevêque de Tours a-t-il dû adresser à ses \

diocésains une lettre pastorale émue d'indignation j

où il énumère les dévouements sacerdotaux qui lui i

tiennent le plus à cœur, puisqu'ils sont l'œuvre de \

son propre clergé : ce vicaire de Bléré, frappé au \

front et qu'il a fallu trépaner, ce bénédictin, dom 1

Moreau, accouru de Belgique, blessé, prisonnier, i revenu à son poste à peine guéri, dignes frères de

tous ces nobles fils de l'Église de France, qui renou- i

vellent, en les multipliant, les fastes d'un héroïsme ^

quatorze fois séculaire.... Une âpre iniquité envers j d'irréprochables serviteurs de la France n'a point

paru chose française à l'archevêque de Tours, il j

écrit avec autant de vérité que de sainte hardiesse : J

De quelle officine sortent ces odieux mensonges ? |

Tout ce que nous pouvons dire, c'est que l'officine est \

trop ténébreuse et trop ignoble pour être de création i

française. |

La < marque » allemande y est sensible et claire. | Il eût été fort sage au gouvernement de le dire.

Il eût été politique de montrer qu'on était armé et "

bien armé, non pas contre de pauvres distributions 1

de médailles ou d'objets de piété qui n'ont jamais i

fait de mal à qui que ce soit, mais contre les entre- \

prises de division semées par reiinemi sur notre territoire. Un acte de cet ordre aurait montré que nous sommes aussi forts au dedans qu'au dehors, puisque nous avons enfin reconnu quelle était la condition principale de la puissance d'un État, à savoir la concorde et la paix de ses citoyens.

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