DÉCADENCE ALLEMANDE ET SIMPLE CRISE FRANÇAISE
16 octobre 1914.
M. l'abbé Welterlé n'interprète pas tout à fait comme nous le phénomène scandaleux de l'Allemagne guerrière, mais il verse au débat des faits curieux, fort bien observés, dont il faut faire profiter le public. Exposant dans la France de demain les raisons qui ont dicté le choix de l'heure à Guillaume II et qui l'ont peut-être obligé à se hâter, il note ce détail digne de remarque :
Depuis quelques années une crise se produisait dans
le recrutement des officiers de réserves
Les fils de familles bourgeoises, peu soucieux de perdre un temps considérable en longues et fréquentes périodes d'instruction et ennuyés de rester soumis toute leur vie durant au duel obligatoire, refusaient en masse de passer l'examen d'officiers de réserve...
Ainsi, dans la prospérité économique de l'Empire, toute une classe, grande, puissante, dont le nombre s'accroissait, en même temps que l'influence, cessa de prendre goût à ce métier des armes, dont elle s'était férue un instant. Le fait confirme ce que nous avons toujours pensé : l'Allemagne fait une maladie historique, maladie nationale, diathèse d'un peuple vers sa décadence. L'excellente parole de M. Balfour s'y vérifie encore : la classe moyenne alleniaiulc, habile à « créer » sa puissance, n'aura pas su en mieux « user » que le reste du peuple allemand.