DÉCADENCE ALLEMANDE
récente campagne de la Dépêche à Toulouse. Son ramas indigeste, qu'il a pillé chez Spencer et qu'il prend pour une doctrine, ne mérite même pas la peine d'être discuté. Ce qui est intéressant, dans l'article d'hier, c'est l'espèce de marché qu'il propose au gouvernement. D'une part, on a censuré des articles de lui ou de quelques-uns de ses frères et amis. D'autre part, l'apaisement rehgieux est une nécessité de l'heure. Alors, M. Clemenceau écrit :
Une politique de mansuétude
n'est pas pour m'effrayer, si ceux qui représentent
l'idée moderne de l'Etat laïque ne sont point réprimés quand ils dénonceront le danger des paroles de discorde qui pourraient compromettre la paix publique irréparablement.
En d'autres termes : nous laisserons faire les cléricaux, nous ne demanderons pas de mesures, de violences contre les prêtres ou les infirmières qui servent leur foi, mais à la condition qu'on nous laisse crier contre eux, c'est-à-dire agiter librement et diviser magistralement le pays. Voilà tout à fait le contraire du conseil donné hier ici même au gouvernement : — S'il y a des excès de zèle commis, adressez-vous à l'autorité religieuse, priez-la de collaborer avec vous; mais ne tolérez pas de campagnes de division.
Cette opposition radicale, involontaire et spontanée à la méthode de guerre civile prêchée par M. Clemenceau sera l'honneur de notre vie.
— Mais, demanderez-vous, quelles sont les paroles de discorde jugées par M. Clemenceau de nature à compromettre la paix publique irréparahlementt
Peut-être les indignités suivantes parues à la Bataille syndicaliste :
En dehors des invocations félicliistesà un Dieu tour à tour implacable et misécordieux, au sacré cœur de monsieur son fils, à la Vierge mère et à divers autres personnages de la mytfiologie chrétienne, procédés propres à impressionner au plus des nègres papoue, les tenants du trône et de l'autel avaient reconstitué pièce à pièce toute une organisation de combat.
Je gagerai plutôt que ces sales insultes dirigées contre les croyances et les personnes, seront considérées par M. Clemenceau comme d'inoffensives formules de paix. Ce qui trouble sa paix, ce sont ces paroles de Mgr . :
censuré