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UNE MANŒUVRE SOCIALISTE ALLEMANDE

25 octobre 1914.

Au lieu de se livrer à des exercices qui achèveront de rappeler à la France les fautes de jugement et les erreurs de fait que le Parti accumule depuis vingt ans (sur la possibilité de la guerre comme sur l'amitié des populations germaniques) ces messieurs socialistes français seraient sages de surveiller mieux qu'ils ne le font leurs coreligionnaires de la social-démocratie allemande par qui ils se trouvent compromis à plaisir et qui sont aux ordres de leur empereur, comme M. Andler les en a prévenus vainement dès l'année 1912.

J'ai devant moi un assez récent article du Stuttgarter Neuer Tagblatt intitulé « La France et le serpent-à-sonnettes anglais » qui résume l'imposture d'un journal socialiste d'outre-Rhin :

La Rheineeche Zeitung, organe de la social-démocratie, a reçu d'une main amie, communication d'une feuille volante qu'un socialiste français, qui signe Spartacus, a publié à Paris ces derniers temps, c'est-à-dire pendant la guerre. Cette feuille porte un titre significatif : « La France dans les anneaux du crotale. »

Le crotale, comme l'explique la RheinischeZeitim g, c'est l'Angleterre, que Spartacus attaque avec la plus grande violence. Spartacus voit le filet jeté par l'Angleterre sur les territoires et sur les peuples sous l'image d'un serpent à sonnettes gigantesque, dans les anneaux duquel la France, prise à son tour, est en train de rendre l'âme, pendant que de la bouche empoisonnée du monstre, sortent d'hypocrites exhortations. Au moment où la

France va périr, surviennent les ennemis du serpent qui lui ordonnent de lâcher prise.

Quittant cette comparaison, Spartacus introduit un Boër estropié par les balles dum-dum, qui s'adresse à son tour à la France. Il l'engage à fermer l'oreille aux hurlements de revanche du chauvinisme, à garder son sang-froid pour se rapprocher de l'Allemagne.

Spartacus ne manque pas de crier contre la barbarie de l'Allemagne'; il n'en est pas moins convaincu que l'amitié des Français et de l'Allemagne aurait ouvert une ère de travail ordonné. A la plainte mensongère de la France officielle, disant que l'empereur Guillaume est l'auteur de la guerre et disant qu'il a voulu anéantir la France, Spartacus oppose l'irréfutable vérité: à savoir que l'empereur, s'il eût eu cette tentation, n'aurait pas attendu pour la réaliser le moment présent « où la conjuration de sesennemis l'a forcé de déclarer la guerre pour défendre l'existence de son pays ». En conséquence, Spartacus conseille aux Français de faire promptement la paix avec l'Allemagne.

A l'Angleterre, il jette l'invective suivante :

« Misérables engraissés d'envie, protégés par vos îles, diplomates félins, vous désignez d'abord entre les vôtres ceux qui seront désignés à la boucherie et qui crèveront pour amorcer votre jeu. Puis vous attendez tranquillement que les autres peuples se déchirent, afin de piller leurs cadavres.... Peuples, ressuscitez, levez-vous! Morts, sortez des ombres infernales et malédiction sur les îles des rois de la mer, qui font du pillage une industrie. Que la justice éternelle, etc.... »

Ce gros style porte sa marque. Ce Spartacus doit fttre Made in Germa ny. Le faclum a été forgé de toutes pièces dans rofficine où collaborent les députés démocrates-socialistes au Reichslag et les fonctionnaires de Guillaume II. La feuille volante barbouillée de métaphores apocalyptkjues n'a jamais circulé à Paris. Je crois fermement qu'une enquête

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