L'ÉTAT EN ALLEMAGNE
Hubris, me direz-vous. Simple hvbris^ sans nul doute ! Pour échapper au ridicule, pour être exempt du vertige, de la folie et du haut comique de cette hubris, pour mériter d'être vraiment pris au sérieux, il n'y a en Allemagne que l'organisation polilicomihtaire qui a été copiée d'ailleurs. Mais c'est ainsi que, d'un so' médiocre, d'une race pauvre et d'une intelligence de second ordre, il résulte un ensemble de forces menaçantes pour l'Univers et qui tient tête à la moitié du monde.
Un Etat vig Dureux et sain, puisqu'il est fondé sur des principes rationnels aura obtenu ce miracle. Notre Etat napoléonien a voulu sufflre à tout : il n'a cessé de se montrer inférieur à l'œuvre, car il a dépensé une partie de ses forces à étouffer, à comprimer les initiatives du pays, et le reste n'était employé que timidement, ou par saccades souvent contrariées, à exercer ses fonctions propres. L'Etat allemand s'est compris avant toute chose comme
promoteur, protecteur et fédérateur des efforts natio naux : l'effort industriel et maritime n'a cessé d'avancer par cette méthode. Elle n'est pas oubliée en temps de guerre. En vue de « procurer » « des mé- « taux et des produits en métaux autant qu'il en faut « pour les besoins de l'armée et de la marine », il vient de se fonder entre une vingtaine de sociétés métallurgiques et de banques allemandes une association qui pourrait devenir aussi dangereuse que l'a été la célèbre Ligue navale. Chez nous, un consortium industriel et financier de celte puissance effraierait ou asservirait notre faible État électif. L'Elat.... je ne dirai pas allemand, mais l'État monarchique héréditaire est heureux d'accueillir et d'employer ce puissant collaborateur autonome qui lui rendra, dans sa sphère, des services aussi précieux que la social-démocratie dans la sienne.