AU PAYS LATIN
i^"^ novembre 1914.
.... On dit que la Sorbonae se dégermanise. M. Jourdan fera un cours sur « l'Allemagne dans l'opinion des hommes du moyen âge ». M. Denis parlera de « l'Allemagne depuis 1871 », M. Aulard arbore un titre dont la première moitié dit : « le patriotisme » (j'espère qîie la seconde, quoique ayant trait à la Révolution, ne sera pas trop diviseuse), M. Andler, que nous avons conspué quand il l'a fallu, mais qui, depuis, rendit un service immense, auquel nous rendîmes hommage, M. Andler traitera des « idées politiques en Allemagne au xix'^ siècle : la tradition du pangermanisme », beau programme, programme qui promet, programme dont les linéaments essentiels étaient tracés par les écrivains patriotes aux environs de 1895.... Notre ami Louis Dimier, secrétaire général de l'Institut d'Action française, m'annonce, d'autre part, que le programme de ses cours fera aussi un beau tableau littéraire et scientifique de guerre aux Boches et de chasse aux Boches : de sorte que, du haut en bas, la vieille Montagne Sainte-Geneviève, depuis la libre fondation de la rue Saint- André-des-Arts, si essentiellement antigermanique, jusqu'aux maisons de l'État qui en couronnent le sommet, sera redevenue pleinement le Pays latin.
3 novembre 1914.