CALOMNIES ET CALOMNIES
violation de la Belgique imputé à la France et à l'Angleterre. L'article de M. Otto Hue dans le Journal de Bochum constitue, dit le Temps, un acte de foi patriotique sans réserve et de solidarité absolue avec le militarisme prussien. « Nous autres socialistes allemands! » chante M. Hue :
Le fait essentiel est que notre patrie est attaquée de tous côtés. Cette patrie n'a pas toujours très bien traité les socialistes ; néanmoins, nous sentons, nous autres socialistes allemands, que nous sommes des Allemands et devons affirmer notre solidarité avec tous nos compatriotes. Advienne que pourra. Je sais que ce sentiment de solidarité anime les camarades du parti. Je considère de mon devoir à cette heure grave, de le dire bien haut.
Après la guerre les camarades du parti s'occuperont de « remédier » à ce que M. Otto Hue appelle le complet affolement de « quelques-unes des personnalités socialistes importantes de l'étranger ». Le remède allemand ainsi annoncé, si on lui ipermettait d'être administré, ne manquerait certes pas d'énergie.... Il faut soumettre ces façons allemandes de dire et de penser aux socialistes français que n'auraient déjà point suffisamment écœurés la défense de la race allemande, du génie et du sang allemand, qui continue à s'épanouir dans la feuille du parti* : amoureuse obstinée de l'esprit germanique et rouée de coups par l'amant quand donc cette Martine finira-t-elle de prendre ce plaisir sadique à être battue? Les chefs devraient s'apercevoir qu'ils ne sont pas seuls à encaisser : il y a leurs hommes, il y a la France, i. L Humanité.
8 novembre 19i4.