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ERREURS QUI AFFAIBLISSENT

6 août 1914.

Nous sommes décidés à n'opposer d'objection à aucune idée capable de créer de la force. Si, comme l'assure un grand journal républicain qui, du reste, s'excuse de « dogmatiser dans l'hypothèse », si la pensée de faire « la guerre aujourd'hui pour l'égalité des peuples » ainsi qu'on a fait « la Révolution pour l'égalité des individus », quand il ne s'agit que d'équilibre européen, si cette pensée était de nature à ajouter un bras aux bras qui combattent, une arme aux armes qui se lèvent pour le salut de tous, nous prendrions sans effort le parti du silence. Mais il est des idées fausses qui sont nuisibles, et tel dogme hypothétique, le pacifisme par exemple, a failli coûter sa vie nationale à la France.

Est-ce trop ancien? Voici du récent.

L'antagonisme des pouvoirs civils et des pouvoirs militaires, qui est un résultat du pacifisme démocratique a déterminé dans les régions supérieures de l'État une série de discours officiels et d'articles officieux qui n'ont peut-être pas été sans action sur l'accès d'espoir fou qui vient de secouer le peuple allemand. Cette folie s'est heureusement développée jusqu'à la cécité, mais il eût été préférable que tant de maux fussent épargnés au monde : n'auraient-ils pas pu l'être sans la crise de verbiage qui s'empara du Parlement français, et qui sévit huit jours entiers par toute notre presse, il n'y a pas trois semaines, à

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