DEUX SUCCÈS DE « L'ACTION FRANÇAISE
Enfin ! enfin ! enfin ! nous nous décidons à imiter des Anglais quelque chose de sage. On lit à la fin du communiqué du Conseil des ministres d'hier :
Le Conseil a décidé, sur la proposition du ministre des finances, de saisir les Chambres d'un projet de loi pour supprimer en ligne directe et au profit du conjoint survivant les droits de mutation sur les succèscessions des officiers et soldats morts sous les drapeaux.
Non, ce n'est pas sur la proposition de l'honorable M. Ribot, mais sur l'avis de Jacques Bainville, dans V Action française, qu'a été prise cette mesure plus que tardive et qu'il est permis de trouver insuffisante, comme nous aurons prochainement l'occasion de le voir et de le montrer. Aujourd'hui, il nous suffira d'en prendre acte et d'y mettre la signature de notre collaborateur, en faisant remarquer de nouveau que cette idée de gouvernement a été appliquée dans la monarchie anglaise qui nous en a donné l'exemple, il y a de longs mois, et qu'elle a été importée en France par un royaliste. L'essence tardigrade du régime et de l'esprit républicain se trouve donc pincée sur le fait une fois de plus.
L'après-midi d'hier nous en a apporté la vérification redoublée avec le numéro du Temps qui paraît à cinq heures. Ce grand officieux du régime daté du 17 novembre aborde — enfin ! enfin ! enfin !
Mi LA FRANCE SE SAUVE ELLE-MÊME.
— la question des bons rapports de M. Caillauxavec l'opinion allemande. Il y a juste un mois jour pour jour que la Gazette de Francfort avait traité de ces rapports dans son numéro du 17 octobre, nous avons signalé le fait dans notre numéro du 26, lequel fut impitoyablement caviardé pour toute retendue de notre citation du journal allemand. Le Temps, comme les Débats, s'obstine à attribuer, la paternité de l'article à la Nouvelle Presse Libre dé Vienne. Or, tout ce qu'il en tire depuis la marque d'origine bordelaise, fausse ou vraie, jusqu'à l'allusion à un certain restaurant du Chaperon Rouge, se trouve identiquement dans la Gazette de Francfort. Vienne n'a fait que répéter l'évangile de Francfort. Mais le plus grand, le plus beau journal de la République, feignant d'avoir ouï vaguement parler d'un texte explicitement rappelé ici le 11 novembre, se laisse aller à écrire : « Ces invites de la Nouvelle « Presse Libre et aussi de la Gazette de Francfort, « DIT-ON... » L'accent de ce doute témoigne d'un esprit critique à rebours. L'incrédulité du Temps ne signifie rien que sa lenteur extrême à former des jugements justes. Ce ne sont pas les Autrichiens, ce sont les Allemands qui ont formé le premier acte de foi et d'espérance en M. Caillaux. Ce n'est pas Vienne, c'est Francfort. Le Temps veut-il voir la coupure originale? Préfère-l-il qu'on la dépose chez le notaire? Le Temps ferait mieux de prendre garde à la course générale des cb -^ses : elle suffirait à lui démontrer qu'en ce mon.^? plus que jamais le paradoxe de la veille publié p*» Y Action française doit devenir la vérité du lendemain.