POUR L'INTÉRÊT DE TOUS
18 novembre 1914.
M. de Monzie, qui nous discute dans le Radical, peut le croire : nous sommes aussi peu désireux que possible de prononcer un mot de nature à fausser l'esprit public ni à servir l'intérêt d'un parti. L'intérêt que nous voulons servir, c'est seulement celui de M. de Monzie lui-même, et de ses collaborateurs du Radical et de leurs lecteurs dans la mesure où tous ces messieurs participent à l'intérêt français. Une monarchie de couleur ou de parti, de caste ou de clan ne nous intéresserait à aucun degré. Ce que nous voyions dans le mode d'organisation monarchique, c'est un instrument de paix et de guerre capable de donner à nos forces, à nos ressources, à nos capacités nationales tout le plein de leur rende ment. Nous pouvons certes nous tromper et, si l'erreur existe, on nous rendra service en nous la mon::^ trant ; mais, si nous ne nous trompons pas, si nous voyons juste, il existe un bien dont M. de Monzie n'a pas la notion, il existe des maux, il existe surtout des facteurs de bien et de mal auxquels M. de Monzie et ceux qui pensent comme lui ne prennent pas garde. Alors, nous crions: — Citoyens, citoyens, qui que vous soyez, nos frères de France, il y a quelque chose d'essentiel, de central et de capital à saisir de ce côté-là !
Loin de tirer à nous une « couverture » quelconque, c'est de couvrir la France que nous nous
occupons. Ceux qui nous ont bien lu le savent. M. Sembatnous a rendu cette justice quand il a parlé de « l'énorme point d'interrogation tracé par nous au tableau noir » à propos de notre livre Kiel et Tanger. Les réflexions faites dans ce gros petit livre sur dix-huit ans de politique extérieure (1895-1913) ont été gravement vérifiées par les derniers faits connus, par les derniers documents diplomatiques publiés et publiables (je ne parle que de ceux-là) : comment est-il possible de nous désintéresser de vérifications de cette puissance et qui s'ajoutent à la série des confirmations qui n'ont cessé de se produire et d'accourir dans la décade antérieure ?
Il ne s'agit point des erreurs ou des relards du « service des postes », ni des erreurs ou des retards de la « censure » quelle qu'en ait pu être la gravité : nous ne traitons que de l'essentiel et du général, des conditions supérieures de cet Ordre public, distributeur, sinon générateur, des forces nationales. Réfléchir sur des points de cette importance, c'est travailler à rendre le pays plus lucide et mieux renseigné, plus libre et plus heureux dans ses mouvements à venir. Tous les bons Français y ont le même intérêt.
M. de Monzie ne paraît d'ailleurs pas s'être arrêté à une circonstance. Quand nous écrivions ici le 15 novembre. < Une chose vaut en Allemagne : Est-^e la racet Est-ce sa mise en œuvre administrative et politique? Une chose est gâtée en France : Est-ce notre système politique? Est-ce notre sang? », ce n'est pas nous qui avions ouvert le débat, c'étaient de8 écrivains républicains de son bord, entre