‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 24 sur 207 · UNE SOUVERAINE RESTAURÉE · texte numérisé non relu

UNE SOUVERAINE RESTAURÉE

11 août 1914.

Oui, M. Hervé a raison, ce ne sera pas une promenade militaire et le choc sera dur et la victoire nous sera souvent balancée : « croire le contraire « serait se préparer de terribles déceptions! » Mais M. Ernest Lavisse n'a pas tort, lui non plus, et cette extraordinaire pointe en Alsace donne de fameux coups au cœur des Français de mon âge! Eux qui virent l'ancienne idée de la Revanche se transformer dans le « rêve diminué », « déchu » du pacifisme humanitaire et démocratique! Eux qui en ont désespéré !

A l'heure où tant d'autres agissent, on n'ose presque pas penser. Il y a des idées qui glissent devant nous, qui nous effleurent et s'envolent sans même nous laisser leurs noms. Mais je sais bien qui elles sont. Ce sont celles que nous aurions, que nous caresserions, que nous tâcherions d'exprimer dans leur vérité la plus belle, si, au lieu d'une plume asservie à l'encrier, nous pouvions espérer de manier bientôt des armes moins légères. Dans cette suspension du mouvement normal de l'intelligence, la ressource est de contempler et d'admirer le spectacle que donne la France, la France d'aujourd'hui, depuis que l'idée et le fait de la Revanche sont enfin remontés à leur rang de souveraineté.

Aux premières années qui suivirent la guerre de 1870, nous n'avions plus de chefs, la confusion

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