‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 58 sur 207 · ON NOUS A DIT LA VERITE · texte numérisé non relu

ON NOUS A DIT LA VERITE

les batailles de 1914 marqueront la dernière des luttes entre Européens seront sages de lire deux ou trois fois cette phrase, pour se rendre compte de ce qui se passe dans les meilleures têtes de l'Angleterre officielle. L'Angleterre ne veut pas être réduite à devenir « un petit pays comme la Hollande » : cette volonté étant arrêtée, elle prend ses mesures, en conséquence. •

Les chefs du parti conservateur retrouvent tout naturellement, dans cet ordre d'idées, un avantage qui tient au caractère intellectuel de leur tradition historique : — La guerre est le fait de l'Allemagne, qui n'avait qu'un mot à dire pour l'empêcher, s'est écrié M. Bonar Law, ajoutant : elle a préféré tirer l'épée. C'est aussi par Vépée quune telle politique sera suppriniéel » Grave leçon pour les idéalistes irréfléchis qui se figurent encore que l'argument de Krupp peut être réfuté par un vers de Victor Hugo ou par des phrases de Keir Hardie et de Wells.

Enfin M. Balfour a fourni une définition de l'Allemagne qui fera plaisir à tous nos lecteurs. Car, rayant vue cinquante fois dans nos colonnes, ils seront ravis d'apprendre qu'elle a cours par delà le détroit. L'Allemagne de M. Balfour est la nôtre : c'est « un État qui sait créer la puissance, mais qui ignore absolument la façon de s'e7i servir ». En d'autres termes, cet État, qui sait et qui fait son métier d'Etat, est au service d'une nation sans grandeur d'âme, incapable de cette générosité, de cette bienfaisance supérieure qui est le luxe natif de ces races d'esprits et de cœurs vraiment nées pour être puissantes.

Noire ami, Louis Dimier, a raison de dire et d'écrire que Tàme anglaise a de beaux éclats du métal romain. Ce peuple ressemble à sa langue. Les grandes heures de son histoire, comme les grands livres de sa littérature politique de Burke à Macaulay, furent dignes de refléchir la majestueuse sagesse du Sénat et du Peuple Roi.

Page 1