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LA VICTOIRE DE LA MARNE

sentiment de leurs journaux au lendemain de notre échec de Mons-Charleroi. ïl est sensible que le début, si gai, des hostilités, l'entrain de nos troupes, la fermeté de l'opinion du peuple avaient heureusement influencé les Russes et pour toujours. Fin août, ils acclamaient « la brillante armée de la France ». Ils admiraient comment « toute la jeune France s'est jetée sur l'ennemi avec une fougue merveilleuse », et comment en Belgique elle n'a « reculé » qu' « après avoir vaincu ». Nos amis russes ajoutaient en considérant les Allemagnes en marche sur Paris :

Mais déjà sur leurs derrières rayonnent les joyeux chants des cosaques et se font entendre les hennissements et les pas pressés de la cavalerie russe.

Les armées russes repoussent pied à pied les Allemands et cette voix venue de l'est sera entendue par la France qui comprendra que le secours est proche. — [Novoïé Vrémia.)

Il y a un vieux discours de Victor Hugo (en 48, 49 ou 50 peut-être) pour flétrir les réactionnaires qui vivent Foreille collée contre le sol pour entendre plus tôt rouler le canon russe. Réactionnaires ou non, les Français d'aujourd'hui salueront avec enthousiasme le roulement et l'entrée en scène du même canon. Mais ils l'écouteront et l'acclameront debout. Ce doit être la position avantageuse pour manœuvrer notre canon à nous, le « bon petit canon de 75 », comme dit une belle leltre de soldat.

13 septembre 1914,

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