RESPONSABILITE CAPITALE DES ALLEMANDS
au Daily Chronicle et reproduite à V Humanité, le chef des socialistes belges, M. Emile Vandervelde, se demandant si Karl Liebcknecht est fusillé ou sert comme officier de réserve, répond : « Il se peut que « l'une et l'autre de ces conjectures soient exactes >. Vandervelde essaye de penser que, un soldat sur trois étant socialiste dans l'armée allemande, cette armée doit se battre mal et à contre-cœur. Il n'en est malheureusement rien : nous savons que les Allemands se battent bien, du moins partout où ils voient encore briller le cher appât de la victoire ; ce tiers de défections morales vues en rêve n'existe pas en fait, nous n'en avons du moins aucun indice, aucune nouvelle. L'Allemagne reste encore unie. Pour faire tête, elle fait corps. C'est d'elle, tête et corps, qu'est venue la perturbation de l'Europe et du monde. C'est elle, tête et corps, qui doit l'expier.
Quand elle passera aux assises de l'univers, il y aura peut-être lieu de lui demander si, au 28 juin, derrière les assassins de Serajevo n'étaient pas embusqués les instigateurs du pangermanisme. Cette hypothèse qui me fut communiquée à la mi-juillet manqua de faire sourire; en tout cas, l'on haussait les épaules : ferait-onde même aujourd'hui*?
i. Le lendemain, 20 septembre, nous tirions du Times l'importante déclaration qu'il faudrait porter « nos armes victorieuses au cœur de la nation ennemie •» non pour la dévaster, mais pour la juger et briser « sous les Tilleuls » « le rêve fou de la domination du monde. >•