‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 85 sur 207 · LE PÉDAGOGUE HOMME D'ÉTAT · texte numérisé non relu

LE PÉDAGOGUE HOMME D'ÉTAT

22 septembre 1914.

M. Gustave Hervé vient de donner sa malédiction ou plutôt son pensum aux vandales de Reims.

Nous sommes au collège, écoliers d'origines, de conditions, de traditions, d'habitudes sensiblement analogues. L'un de nous a commis une action indigne. On pourrait le priver de goûter, de sortie ou de récréation. Mais on veut que son châtiment serve à stimuler chez lui le sens de l'honneur et à l'exalter chez ses camarades : on le prive de prendre part à la souscription pour les pauvres de la ville.

Professeur défroqué, M. Hervé voit toujours les nations rangées devant lui sur les bancs. L'Allemagne a élevé des hannetons dans le pupitre ou fait au professeur une niche démesurée. Détruire ' Louvain, brûler Reims équivaut à ces aimables espiègleries pour M. Hervé. Or, celui-ci, sage Mentor et prudent Ponocrales, sachant que le cœur de l'homme allemand est un noble cœur, le condamne à rougir devant son miroir. Voici les « représailles » que veut exercer M. Gustave Hervé : le monde entier sera admis à souscrire pour la reconstruction de Louvain, pour la restauration de la cathédrale de Reims, mais le Germain (hou! hou! le vilain!) sera privé du droit de vider sa bourse pour cette bonne œuvre! Entendez-vous le chœur des Goths, des Huns et

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