‹ Les conditions de la victoire (volume 2)Chapitre 87 sur 207 · TROIS POINTS D'ACCORD · texte numérisé non relu

TROIS POINTS D'ACCORD

Lllumanité d'hier matin a publié des « impressions d'un témoin » rédigées par un ami de ce journal et publiées en première colonne, ce qui montre assez l'importance attachée à ce témoignage ou à son auteur. On y lit trois faits dont je prendrai acte.

Premier fait :

Il est nécessaire de noter que les Allemands ont tiré, à Soissons sur une ambulance et qu'ils y ont fait des victimes.

Les socialistes paraissaient vouloir se distinguer de nous jusqu'ici en soumettant à un doute systématique, et sans raison déterminée, tout ce qui était dit de la façon allemande de conduire la guerre. Les Allemands étaient présentés par eux comme une nation pareille aux autres, composée de frères que nous avons tort de haïr en bloc. Du moment qu'ils enregistrent ce premier témoignage de leur ami, ils doivent être plus disposés à se ranger à l'opinion de ce journal anglais qui, pour apprécier la destruction de Reims, s'est contcnlé de dire : « C'est un acte allemand ».

Fait numéro deux :

Autre fait bon à marquer : Toute la route suivie par l'envahisseur était, pour ainsi dire jalonnée d'usines

allemandes dont le personnel était allemand et mobilisable.

A la Ferté-sous-Jouarre, il y avait une usine de lampes électriques ; à Soissons, une fabrique de revolvers. L'armée allemande est donc merveilleusement renseignée par les ouvriers qui travaillaient, pendant la paix, dans ces maisons et qui connaissaient à fond le pays.

Les plus vifs censeurs de V Avant-Guerre, les plus âpres défenseurs de certains espions légitimement débusqués par Tautorité civile et raulorité militaire étaient les socialistes. Mais la réalité vient de les saisir ! Le livre de Léon Daudet en main, ils pourront constater que ce qu'ils voient et disent aujourd'hui y était prévu etprédit dès la mi-septembre 1911 . Demanderont-ils à Sembat et à Guesde de faire décerner à Léon Daudet une des croix du champ de bataille?

Troisième fait :

J'ai causé avec nos soldats. Ils sont pleins d'entrain et de courage, approvisionnés de tout le nécessaire...

L'incurie de l'administration de la guerre et le dénûmeut de nos troupes paraissent devoir redevenir un des lieux communs favoris de l'opposition révolutionnaire ; on est heureux de pouvoir leur opposer le démenti formel d'un journal aussi autorisé que V Humanité.

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