‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 125 sur 238 · octobre · texte numérisé non relu

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Il paraît que j\I. de Mun dépasse la mesure. Cela lui est dit de bien des côtés. Un Franrais convaincu que des multitudes de ses compatriotes, en lai.sant leur devoir devant l'ennemi, vont risquer plus que leur vie, vont alïronlcr l'abîme des biens ou des maux éternels, ce Français-là n'a point le droit de parler, d'écrire, d'agir conformément à cotte foi, à cette espérance et à cette crainte? Il paraît que cela risque d'impatienter, d'agacer, de faire sourire.... En vérité, Ton voudrait mesurer l'importance de co rire-]à! J'aimerais à voir de mes yeux l'homme normal et équilibré allant au-devant de la mort, non pas seul, mais en troupe, avec sa compagnie, avec son régiment, et qui dans cette circonstance se permettrait la moitié d'un sourire à la vue d'un objet béni ou d'une prière imprimée. On me cite M. Hervé. Mais M. Hervé est dans son fauteuil. Je parle du soldat qui sait ce qu'il se doit et ce qu'il doit aux autres, à celui qui a le sentiment de la responsabilité partagée entre lui et ses frères d'armes.

Ah ! que ce murmure misérable trahit de médiocrité et de petit esprit, s'il n'y a pas d'intérêt làdessous. S'il n'y a pas une conspiration nouvelle d'un parti. De ce parti qu'Auguste Comte appelait déjà, il y a soixante ans. <r le plus arriéré des partis > ,

le seul capable de faire acle de parti, en une heure où tous les partis devraient s'évanouir pour faire place à des opinions et à des doctrines, se défendant, se limitant et s'éclairant d'une honnête lumière les unes par les autres.

On n'a pas encore explique l'abominable rumeur campagnarde qui attribuait aux curés et au Pape (à ce g-rand Pape qui en est mort) la responsabilité de la guerre. Elle a couru partout, dès le lendemain de la déclaration. Et sur plus de trois cents hauts fonctionnaires de l'Administration centrale, préfets et sous-préfets, il ne s'en est trouvé que deux, l'un en Savoie, l'autre en Bretagne, pour y opposer le bref démenti de la droiture et du bon sens. Cette diffamation du clergé vient sans doute d'Allemagne, mais un parti en profite. A moins que ce coup diviseur ne vienne des bas-fonds de ce parti, auquel cas les Allemands en auraient le profit sans en avoir eu la peine. Un gouvernement qui veut être national et qui puise à son gré dans toutes les ressources de la nation si généreusement offertes, se devrait de poursuivre et de flétrir de haut ces mensonges déshonorants.

Qu'on ne dise pas qu'ils répondent à des attaques. Ils ne répondent à rien. Nulle initiative de division n'a été prise en aucun cas, de ce côté-ci du pays. Il y a une Affaire dont nous n'avons plus ouvert la bouche depuis notre désarmement du 2 août devant l'ennemi : c'est la Guerre sociale de mardi qui a parlé d' « un certain militarisme d'avant Taffaire Dreyfus » ! C'est elle encore qui, le même jour, expliquait que si le président des États-Unis n'est

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