‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 126 sur 238 · POUR LA PAFX FRANÇAISE · texte numérisé non relu

POUR LA PAFX FRANÇAISE

pas « platement égoïste », c'est qu'il a du sang juif dans les veines : il faut avoir du sang juif dans les veines pour « ôlre idéaliste » et pour oser vouloir « la paix »! Ces injures sournoises dans ce patois do Chanaan ne valent pas la peine d'être expiées : je les transcris pour faire voir qui trouble la paix.

L'HOMME A ENCHAINER

Privé pour huit jours de son Homme libre, M. Clemenceau publie V Homme enc/iainé. Cela parait à quelques-uns une bonne farce, une blague de haute saveur. Pas à nous.

Nous avons raconté plusieurs fois quelle œuvre d'anarchie sinistre poursuit, par goût, M. Clemenceau. On a lu ici le 27 septembre' comment ses doutes sur la valeur militaire des fortifications de Paris et sur la sincérité des communiqués du gouvernement français allèrent à Berlin et de Berlin dans diverses capitales où l'Allemagne a intérêt à produire des impressions qui nous soient défavorables. Nous pourrions aujourd'hui montrer le parti que l'agence WollT sait tirer, de la même manière, dans les mêmes pays, des aigreurs, des critiques et du murmure de M. Clemenceau. Il sera plus court de dire ce qu'il faut penser de la pirouette d'hier.

Ceux qu'elle amuse, nous les plaignons. La discipline générale de la presse française, discipline volontaire et consentie, avant d'être consacrée par une loi que M. Clemenceau a votée le -4 août et reniée le 5, a été trente fois violée par lui, pendant le

i. Voyez la note à l'article du 5 septembre.

premier mois de guerre. A ses jugements d'une impudente légèreté, il ajoutait des indiscrétions honteuses. Sa qualité de sénateur influent, qui lui permettait seule de connaître certains secrets, assurait aux commentaires du journaliste une impunité révoltante. Cette impunité n'a pas cessé. On a simplement essayé d'empêcher le mal de se produire. La suspension de Y Homme libre ne sert de rien ; la publication de Yllomme enchaîné, non contente de lui remettre en main l'instrument de démolition dont il a besoin, enseignera désormais à tous les citoyens, par la parole et par l'exemple, le moyen de tourner la loi en général (ce qui n'a pas plus grande importance) mais une loi de salut public, une loi de salut national et militaire (ce qui en aura, tant qu'il y aura une France).

Une fois de plus, toute l'influence publique accumulée par M. Clemenceau depuis qu'il s'occupe des affaires du pays se trouve retournée contre la sûreté et la force du pays. Nous demandions en août que cet écrivain malfaisant fût mis en demeure d'opter entre le Conseil des ministres et le Conseil de guerre. Ces deux remèdes radicaux pouvaient seuls opérer. Mais le premier n'est plus tolérable aujourd'hui, M. Clemenceau a trop abusé de la liberté pour avoir conservé la moindre autorité. Son anarchisme invétéré persiste devant l'ennemi : il n'y a plus qu'à charger de chaînes qui ne soit point de rhétorique cet homme qui fait l'enchaîné. On ne le fera pas, on ne l'osera pas, cela est bien certain; mais il est bien certain qu'on s'en mordra les doigts. Et avant peu.

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