C'est ce que nous disions le 23 septembre précédent, à
:î50 la FRANCE SE SAUVE ELLE-MÊME.
port avec le kantisme, qui fait tourner le monde autour du moi, qui prend le moi pour le soleil des planètes intérieures et extérieures, ce rapport-là n'est pas douteux. Il est à peine utile d'indiquer comment s'y rattachent le romantisme, ne cherchant dans les arts que l'originalité, et l'esprit révolutionnaire, entendant par la politique le simple épanouissement — d'abord (1789) des « droits » de l'individu, puis (1795) des instincts, des passions et des intérêts du même individu, pour autant qu'il en a la force.
L'individualisme libéral fonde l'Étal sur les vœux (ou les votes), de l'individu, à l'exclusion de tout le reste. Et quand on a exclu tout ce reste (traditions, coutumes, droits et établissements collectifs, conditions rationnelles et religieuses), il en découle au profit des individus de la majorité, une parfaite tyrannie de l'État qu'ils composent seuls. Le pays
propos d'un commentaire paru dans Le Temps, sur « la doctrine et le mysticisme » de cette « brutalité teutonique ».
Le Temps avait dit : « Chez les Allemands, la barbarie n'est pas un point de départ, un instinct antérieur à toute culture. C'est un aboutissement, c'est le produit cherché, voulu, obtenu, d'une culture toute spéciale ». Nous disions déjà : ■< Le mystère achèverait de se débrouiller si Le Temps fournissait l'histoire de cette mise en système de la brutalité. Sous la double et triple inspiration de la Réforme, de l'individualisme kantien et fichtéen, du romantisme qui en découla, l'Allemagne a déifié son moi. Ayant admis que son caractère national était l'humanité par excellence, donc la divinité, l'Allemagne a opéré l'analyse de sa nature : elle y a trouvé le brutal, le grossier, le sauvage, le dur. Elle a mis sur l'autel toutes ces bonnes choses et rejeté avec mépris les qualités adventices, plus précieuses peut-être, mais nullement allemandes, qu'avait fait naître en elle, quelques siècles de civilisation romaine, catholi(iue et française. »
M. IU)[JTn()UX KT I.'ALLEMAGNF. 351
qui a 1« malheur de tomber sous le joug d'un Ét«l ainsi fait n'a quune branche de salut : la race peut y ùtre meilleure que le système et le citoyen peut y valoir mieux que l'institution. C'est assez le cas de la France.
Ce n'est pas celui de l'Allemagne. L'erreur philosophique de l'Allemagne devait aboutir à des crimes contre l'Europe, puis entraîner au suicide allemand.