HKNOUVELLEMFNT DES ÉNERGIES FRANÇAISES
est nécessaire ([lie quelriu'iin ressente la responsabilité de cettft préparation à long terme.
Déjà, nous l'avions dit autrefois. En France il y eut une véritable fantasia de ministres de la guerre, chacun d'eux faisant du désordre ou en laissant faire. Tout autour d'eux avait fini par se constituer un étroit réseau d'intérêts de l'ordre le plus varié qui n'avaient rien à voir avec la guerre, et toute responsabilité sy trouvaient guérie et recouverte au moyen de morceaux de belle éloquence.
La grande muette, comme ils appelaient l'armée en France, prise dans un engrenage d'emlmches et d'appétits, poursuivit en silence son onivre. En silence, elle languit. Les généraux les plus en vue furent tenus éloignés des postes principau.x pour éviter que l'un d'eux ne montât sur le cheval noir, mettant en déroute les chevaux des politiciens de métier. Un esprit de méfiance circulait autour de cette armée, qui aurait pu être merveilleuse et qui, nonobstant tout cela, consei've encore et développe une merveilleuse énergie.
Au moment du péril, cette armée, dit noire confrère italien, « elle est devenue tout ».
Toute la France attend de Joffre la parole de la victoire ...
Maintenant la France, toute la France, y compris cette immense partie du pays qui n'est pas coupable puisqu'elle avait confiance, expie cruellement les erreurs et les fautes de ceux qui n'ont vu dans la France qu'un piédestal commode où jucher leurs mesquines figures, de tous ceux qui ont montré ce qu'ils sont devant l'Europe curieuse et devant l'Allemagne goguenarde dans le fameux procès qui précéda la grande guerre.
Pour sortir de là, il a fallu, et il faut encore un rude coup de collier. Mais la France saura le donner.
notre confrère proclame qu'il en a la pleine confiance ;
Incontestablement la France a trouvé l'énergie et la force d'arréterla meilleure partie de l'armée allemande qui s'était avancée sur elle en croyant n'en faire qu'une bouchée. Si nous admirons la force et la préparation de l'armée allemande, nous ne pouvons pas ne pas admirer cette armée qui, quoique bien moins préparée, est capable de lui faire tête vigoureusement : nous devons l'admirer d'autant plus que nous constatons qu'elle n'était pas tout à fait prête à cette terrible épreuve.
Si les deux armées avaient été à conditions égales (et pour cela il aurait suffi que les Français eussent un meilleur sens de la responsabilité, de la prévoyance et de la conscience), certainement aujourd'hui les Allemands ne fouleraient pas le sol de la France; certainement leurs aéroplanes n'insulteraient pas à Notre- Dame.
Et le juge de camp, impartial, mais favorable, voit sortir d'une épreuve qui, certes, est plus que dure, un peuple retrempé, une France nouvelle, « dévastée, mais nouvelle » !
Nous .sommes quelques-uns en France à savoir que ce n'est pas aux Français, mais au régime politique de la France que manquèrent la conscience, la prévoyance et la responsabilité. L'esprit français n'ignore plus où apporter les améliorations nécessaires.