PAUL BOURGET PAIERA POUR HERVÉ
Voici un animal qui depuis quinze ans qu'il écrit n'a cessé de se tromper et de tromper les autres sur tous les sujets qu'il a abordés, qu'il s'agît de difficultés sociales, d'affaires militaires ou de simples débats conjugaux : il a dit et écrit le contraire, non seulement de ce qui eût été convenable et juste, mais de tout ce qui devait arriver, ce qui ne l'empêchait pas (bien au contraire) tout en marchant à reculons de se déclarer l'homme de progrès ou plutôt le progrès fait homme ! Le gaillard ainsi fait vient d'encaisser à Constantinople un nouvel échec. Le comité Jeune-Turc, qu'il a constamment appuyé depuis 1908, malgré les innombrables mécomptes qu'il en a reçus, vient de se déclarer une fois de plus en faveur de l'empereur allemand. Que croirez-vous que fasse notre Hervé national? Un discours de maître d'école naturellement, aux bons Turcs qui se sont payé la tête d'Hervé d'une façon si copieuse. Puis, une ruade inepte, à qui? A l'un des écrivains patriotes dont les événements n'ont cessé de vérifier les calculs : — Ce sont les événements qui ont tort de ne pas se produire comme Hervé les voyait de loin et selon les « effets » de lune ou de soleil qu'il lui plaisait de composer sur le thème de la Corne d'or :