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LES AFFAIRES D'ORIENT : NATION FRANÇAISE, ÉTAT FRANÇAIS

Louis Dimier montrait hier quil y avait lieu de distinguer fortement entre l'Islam religieux et le petit monde des Turcs dernier modèle qui se croient

émancipés ou civilisés parce qu'ils fréquentent des banquiers juifs allemands, s'en vont aux tenues de la Loge et jouent du piano. Les gouvernements qui feront acte d'énergie devant la Finance internationale et qui ne se laisseront pas houspiller par le plus discrédité et le plus branlant de tous les Étals auront vite raison de cette révolte contre ce que l'Europe compte d'honorable.

Nos missions en Syrie et en Asie-Mineure ne sont pas l'effet du simple zèle individuel engagé à ses risques et périls. De puissantes collectivités catholiques françaisesy ont implicitement engagé le nom, l'honneur, presque le drapeau de la France. Toute notre histoire les y engageait au surplus. Des miracles d'administration généreuse et prévoyante ont été faits là-bas, d'incomparables succès y ont été remportés : succès prestigieux et qui faisaient pâlir de jalousie haineuse l'effort de Nations plus riches d'or ou d'États mieux armés du fer. Cependant une chose y a manqué depuis une trentaine d'années, l'autorité des armes, la voix et l'appui du canon. L'Orient nous a entendus nous calomnier et il a entendu nos calomniateurs renchérir. Bien que les guerres balkaniques où notre Creusot a brillé autant que notre École de guerre, aient relevé dans une forte mesure le prestige du « canon franc », il nous manquait encore quelque chose de ce côté. Il n'est pas au pouvoir de l'initiative privée, si vive et si noble soit-elle, de remplacer tout à fait la fonction des gouvernements. Le nôtre a été longtemps distrait et absent. Celle distraction, cette absence pourraient bien être

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la cause dirccle de la redoutable ciïusion d'un sang d'autant plus précieux qu'il sera tiré des veines d'amis, de protégés, de clients traditionnels de la France. Les hauts personnages français qui, depuis si longtemps, allectaient de se désintéresser devant nous de ce qu'ils appelaient la « forme tiu gouvernement » el nous montraient notre nation unie et forte sous un autre ciel, par des œuvres de bienfaisance, d'évangélisalion, d'instruction et de civilisation, comprennent-ils maintenant ce que nous voulions dire lorsque nous écrivions : « politique tV abord »? Nous ne voulions pas les arracher à leur œuvre ni certes la déprécier. Nous voulions la fortifier, la défendre et la garantir. Des missionnaires le comprenaient. Ils nous l'écrivaient, ils sont venus nous le dire. Ce sont leurs protecteurs de France que nous n'avons pas convaincus. Puisse leur cruelle indifférence à la force ou à la faiblesse des remparts de notre cité ne pas coûter trop cher à nos citoyens! Bien appliquée, notre maxime, trop discutée et trop diffamée, notre polUique if abord eût conmiencé par constituer en France un État assez vigilant pour empêcher TAllemagne de tenir une place exorbitante à Constantinople ou plutôt de nous y enlever notre rang.... De l'incurie diplomatique, cela vous fait l'effet de simples fautes d'orthographe sur du papier à tranches d'or... Regardez mieux : c'est du sang humain.

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