‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 231 sur 238 · LE CATHOLICISME ET LA PAIX · texte numérisé non relu

LE CATHOLICISME ET LA PAIX

qui se flallc de créer et de multiplier celte sorte de biens dont l'essence est d'être partagés crée autour de lui et en lui, des puissances de destruction qui, en se développant, agiront à main armée. En clîet, il créera des jalousies furieuses. Il s'enivrera de ses propres rêves, et pour les mûrir plus rapidement, la destruction de toutes les rivalités s'offrira et s'imposera comme la plus prudente des ambitions. Ainsi il lui sera possible de griser et d'entraîner dans un mouvement belliqueux ces éléments voisins (jui d'eux-mêmes tendraient à préférer les douceurs de la consommation et de la jouissance. C'est ainsi que l'esprit d'équilibre conseillé par le premier degré du travail, de l'épargne et des autres arts dits paciliqucs est promptement rompu par l'esprit d'entreprise et d'initiative attaché à toute technique purement matérielle. Il faut dépasser la conception des richesses divisibles et susceptibles d'être volées pour abolir ce genre de guerre de rapine qui est à la société des nations ce que le vol est à la société des familles. Normann Angell aurait pu démontrer que le vol ne paie pas ceux qu'il envoie au bagne : mais les en a-t-il convaincus? Sans compter qu'il y a des voleurs impunis, donc récompensés.

Incomparablement plus sage, l'Encyclique conseille de déraciner d'abord l'avarice. On se battra moins pour le bien-être matériel quand les hommes et les peuples en seront un peu détachés. Hors de ce détachement, hors de cet esprit catholique, toutes les perspectives d'avenir sont guerrières fatalement. Si Karl Marx a raison, si M. le ministre Jules Guesde a raison, si les fatalités du ventre doivent diriger de

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plus en plus les pensées et les sentiments de l'homme futur, il faut aussi compter que l'acier des faucilles et celui des charrues et des couteaux de table seront de plus en plus changés en armes de défense ou en instruments d'agression. Telle du moins me paraît être l'évidence. Ceux (jui prétendent autre chose prononcent des mots décousus démentis par l'événement. La faillite du pacifisme humanitaire n'a pas étonné ; depuis longtemps, il étonnait par sa monstrueuse irréalité.

Tout au rebours, le pacifisme catholique et pontifical se présente comme une doctrine intelhgible, liée, rationnelle, supérieure aux réalités, mais en accord avec toutes les lois des choses. Si l'on veut un autre exemple du genre de satisfaction intellectuelle qu'on y rencontre, on peut lire au dernier numéro des Études fondées par les Jésuites l'article d'Yves de la Brière sur « la guerre et la doctrine catholique » ; la question de la force et du droit s'y trouve abordée et analysée : nous n'avions guère lu jusque-là dans les écrits français et allemands, que des balivernes sur ce sujet. Là se retrouve enfin l'esprit des choses et la liaison des idées. Même question : comment tous les profès du pacifisme ne donnent-ils aucune attention à cela? Je fais mon devoir d'écrivain en leur disant et môme en leur criant d'un peu de regarder de ce côté. C'est très intéressant pour tout le monde. Cela devrait les passionner. C'est tout le contraire. Pourquoi ?

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