‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 238 sur 238 · LA MAISON DU PASSEUR · texte numérisé non relu

LA MAISON DU PASSEUR

6 décembre 1914.

Cette Maison du passeur que nos troupes disputaient à l'ennemi depuis de si longs jours, et qui a fini par être enlevée, donne la juste idée de la troisième partie de cette guérite : symbole de patience et de ténacité qui fait autant d'honneur aux soldats de la France que leur 7'etraite en ordre depuis la Belgique et leur ardent retour offensif sur la Marne. Évidemment, c'est une phase. Il n'y a pas à la généraliser, ni à supposer quelle durera toujours. Mais il faut l'apprécier à son importance.

Comme pour éclairer ce moment transitoire à l'aide d'un passé qui fut d'un genre assez différent, de larges et substantiels aperçus, les uns officiels, d'autres officieux, permettent de prendre une vue cavalière des opérations de ces quatre mois. I\ous repassons et nous classons dans leurs ordres de claires notions entrevues : l'élan et l'en-avant de Maunoury sous Paris; le coup de Foch dans la Marrie, les résistances de Sarrail dans l'Argonne, les belles manœuvres de Castelnau et de Dubail sur les Vosges et sur la Moselle. Puis, d'autres noms de généraux déjà environnés d'estime et d'admiration diffuses : les FrancJiet d'Esperey, les Langle de Carry, les Maudhuy, les Hache, les Urbal, les Ronarch' sur l'Yser, à Dixmude, coni-

LA MAISON DU PASSEUR. ifil

mencent à paraître dans la seule gloire qui leur convienne : le cAtrtège de leurs actions.

Ainsi la haute armée sort peu à peu de l'ombre. Ainsi se dissipe l'anonymat si justement dénoncé par Jules Delahaye. Ainsi commence à devenir intelligible le rébus publié au Temps de mardi soir, confessant les inégalités de la préparation militaire : € la France s'est sauvée elle-même » . Oui par le bras et le cœur de ses soldats! Par la tête et le cœur de ses généraux !

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