‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 30 sur 238 · I.A NATURE ALLEMANDl · texte numérisé non relu

I.A NATURE ALLEMANDl

soldais se reposer sur la bonne loi ou sur la bonhomie du peuple allemand. La méprise pourrai! couler des flots du plus beau sang de France, sang de héros dont nous avons plus que jamais le devoir d'être ménagers. Il y a des rois et des chefs allemands dont on pourra peut-être tirer un parti judicieux: ne les rejetions pas en bloc; la fable complaisante de la bonne nation opprimée et amie n'est pas non plus à rejeter en bloc. N'adoptons rien qu'avec précaution et vigilance, et réglons tout plan d'avenir, sur la vue exacte de ce qui est.

Le rédacteur en chef du Rappel, M. Charles Briand, vient d'exprimer dans les termes les plus nobles et les plus éloquents le sentiment de gratitude qu'il veut bien éprouver envers Léon Daudet, auteur de VAvanl-Guei're, et envers moi*. Il est bien exact que nous n'avons jamais partagé cette longue erreur sur la bonté allemande et nous nous sommes efforcés d'en préserver quiconque nous écoutait. Mais voici les Français avertis par le fer et le feu : ce n'est pas l'instant de les laisser se jeter dans des erreurs nouvelles !

i. M. Charles Briand écrivait au Rappel du 11 août que l'Allemagne avait trompé les Français : « Ce n'est que justice de rendre hommage aujourd'hui à ceux qui l'ont reconnue sous tous ses déguisements, à ceux qui, pas une heure, ne manqueront de nous mettre en garde contre ses fureurs et ses appétits. Français de toutes les églises, de tous les partis, n'oublions pas, à l'heure prochaine de la victoire, de saluer ces deux Français : Charles Maurras, Léon Daudet. •

EN AVAiNT LES CIVILS!

16 août 1914.

La question du chômage continue à préoccuper tous les bons citoyens. Le nombre des désœuvrés menace de s'accroître, et cette oisiveté serait deux fois mauvaise conseillère puisqu'elle amènerait fatalement la faim. Cependant rien n'est plus nécessaire à la défense nationale que le calme et la sécurité à l'intérieur. On secondera utilement l'œuvre de nos troupes en s'efforçant de rétablir et de stimuler le travail national.

Beaucoup d'établissements industriels ont fermé du fait de la mobilisation. C'était peut-être un mouvement inconsidéré. On craignait l'absence de la main-d'œuvre : la main-d'œuvre abonde, elle s'offre de toute part, la difficulté n'est que de l'employer. On prévoyait le retrait des capitaux : il semble se dessiner à cet égard un mouvement de retour qui n'est point audacieux, mais simplement fort sage. Alors, pourquoi ne pas mettre à profit, dès le début de la guerre, quelques-uns des bons côtés de la situation qu'elle nous fait?

Une place splendide est usurpée sur tous les points du globe par le commerce maritime allemand. M. Jouhaux a fait justement observer, avant-hier, dans la Bataille syndicaliste, que cette place, moralement vacante depuis que nous sommes les maîtres de la mer, passera dans nos mains si nous savons le bien vouloir? Allons-nous laisser un si beau domaine

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