LA NATURE ALLEMANDE. 5.T
Français. » Ce sont les foules qui encombrenl les brasseries allemandes. A cela se marque le caractère et en cela s'affirme la volonté naturelle de cette nation. Nous avons dit, nous redirons tout ce qu'il faut penser de la ridicule démence r|ni s'est emparée de Guillaume II et de ses fds. Toutefois, ce mallà ne se comprend tout à fait qu'à la condition d'y reconnaître le mal sacré de l'Allemagne éternelle, celui qui fut propre à tous les peuples allemands, à toutes les époques de leur histoire, celui qui caractérisa toutes les « querelles d'Allemand » auxquelles répondirent nos plus beaux « tumultes gaulois ».
L'Allemagne contemporaine était gardée et défendue depuis un demi-siècle par la forme héréditaire de son gouvernement, enfin arraché au système électif, qui l'avait séculairement désolée, par une loi successorale imitée du royaume de France et aussi, dans quelque mesure, par certaines qualités de sérieux et d'application qui furent strictement particulières au peuple prussien, le plus excentrique et le moins allemand des peuples d'Allemagne. Mais le fxiror teulonicus a fini par tout envahir et tout dominer. C'est lui, c'est cet esprit de rage grossière, de brutale forfanterie, d'arrogance démesurée qui, avant de s'imposer à la politique, a profondément pénétré les mœurs administratives, remplaçant un esprit de discipline rigoureux, mais formaliste et ainsi un peu garanti contre lui-même, par la sauvagerie innée des instincts de la chair et du sang allemands. Les fouilleurs effrontés de la frontière de Hollande ont fourni un brillant échantillon de ce
genre de sauvagerie. On en relève un autre à la frontière de Russie, où des Allemands ont tué la femme d'un officier de gendarmerie qui refusait de leur indiquer le mouvement des troupes russes. Un autre encore, non moins ignoble, aura brillé dans l'évacuation du sanatorium de Francfort que les malades à peine opérés ont dû quitter à la hâte, même une femme en couche avec son enfant!
Que dites-vous encore de l'espionnage pratiqué avec tant de simplicité, de facilité et de naturel? Comment l'empire a-t-il trouvé tant de brutes retorses à utiliser dans un emploi généralement en horreur aux peuples policés ? Il faut que l'Allemand ait le génie de l'espionnage, comme de l'insolence et de la muflerie. Ces choses-là ne sauraient tenir à la seule impulsion venue d'en haut. Affaires d'exécution, donc affaires de personnes humaines, inhérentes à l'état du cœur de chacun, au degré de la civilisation morale, à l'épaisseur ou à la sensibilité de la fibre. Ces choses-là donnent la mesure exacte de la valeur individuelle allemande. Elles fixent l'état des mœurs d'un peuple avec la précision que le dynamomètre apporte à chiffrer la vigueur d'un muscle donné.
Il est d'humanité et de bon sens élémentaire d'épargner aux Français toute espèce d'erreur à ce sujet, au moins pour tout le temps que cette guerre sera balancée. Oh ! quand nous marcherons en Allemagne, la férocité allemande sera sujette à changer d'aspect! Elle tournera bonnement en servilité. Tant mieux sans doute. Mais tant mieux à la condition de rester en garde ! Il est inutile de laisser nos