‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 48 sur 238 · LES NOUVEAUX MINISTRES · texte numérisé non relu

LES NOUVEAUX MINISTRES

faveur des circonstances intérieures et extérieures dont il bénéficiera. Léon Daudet vient de vous énumérer les plus saisissantes' : au travail de l'Élat- Major, au canon de 75, à la renaissance et aux progrès de l'armée russe, s'est hcureusemeut ajouté le précieux accès de démence bien germanique dont Guillaume et son peuple viennent d'être saisis, au point de conjurer l'univers contre leur empire, ensuite le sursaut merveilleux de l'esprit et du sang français. (Quatorze ou quinze hommes associés par le danger, scellés étroitement l'un à l'autre par la présence de l'ennemi, peuvent parfaitement suffire, en ce cas donné, à sauver la France. A elle seule la nécessité souveraine leurimpose tous les équivalents, d'une foi, d'une loi, d'un roi : ils peuvent trouver dans l'idée de la revanche, ou dans celle de la résistance, ou dans l'idée plus simple encore de« durer », tous les éléments de concorde et d'unité indispensables à l'emploi discipliné de leurs forces. Ces hommes politiques seront alors dans les mêmes conditions morales que notre État-Major hvré à luimême, sans chef réel, pendant quarante ans. Il pourrait leur manquer le soutien, l'adjuvant des habitudes de la hiérarchie militaire; en échange, ils auront cet incomparable mot d'ordre : « devant l'ennemi ! »

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